Une réponse commune de l’Europe à la crise énergétique se fait attendre

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À cause de sa dépendance aux importations de gaz russe, l’Union européenne subit de plein fouet les réductions et les arrêts de livraisons décidées par Moscou. Les conséquences touchent tous les pays, sans exception. Seulement, les Vingt-Sept réagissent différemment aux effets de cette crise de l’énergie. La forte disparité inquiète les marchés et les consommateurs.

En 1992, les signataires du Traité de Maastricht se sont donné comme objectifs de garantir le bon fonctionnement du marché unique et d’assurer un développement « harmonieux » des activités sociales et économiques au sein de l’Union européenne. Ces engagements laissaient entrevoir un renforcement de la coopération européenne sur plusieurs secteurs clés de l’économie, y compris le système énergétique. Vingt ans après, le résultat est contrasté.

Étouffés par une crise de l’énergie sans précédent, les Vingt-Sept adoptent des solutions loin d’être « harmonieuses ». Le Conseil européen entend y remédier en convoquant une réunion d’urgence des ministres de l’Énergie le 9 septembre.

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Les signes d’une récession à l’horizon

Tous les pays européens et le reste du monde souffrent de l’envolée du tarif gaz et électricité. Sur le TTF néerlandais, le tarif gaz pour livraison dans trois mois ne descend pas en dessous de 250 euros, après avoir titillé le record historique de 340 euros. Avec des prix aussi élevés, les économistes ont peu d’espoir quant à une inversion à court ou à moyen terme de l’inflation en Europe. Les analystes tablent au contraire sur une

  • Aggravation de la hausse des prix à la consommation ;
  • Accélération de l’augmentation des taux d’intérêt.

Les résultats seront désastreux pour l’économie. Les prix élevés affectent le pouvoir d’achat des consommateurs. Cela entraînera une baisse de la demande, qui obligera les industriels à ralentir leur activité. Les premiers signes d’un ralentissement pointent d’ailleurs à l’horizon. L’indice PMI de S&P Global montre ainsi une contraction de l’activité économique du secteur privé dans la zone euro en août. L’annonce de nouvelles révisions des taux d’intérêt par la BCE laisse entrevoir une poursuite de l’inflation.

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Une solution européenne demandée par l’Autriche

Devant la gravité de la situation, les pays de l’UE multiplient les mesures destinées à réduire leur consommation d’énergie. Ces plans s’accompagnent d’aides directes ou indirectes, financées par les caisses publiques. Selon les dernières estimations, les Vingt-Sept auraient utilisé 244 milliards d’euros pour aider leurs populations et leurs entreprises à surmonter la crise de l’énergie. Près de 20 % de cette somme – 44 milliards d’euros – ont été dépensés en France, sous forme de remise à la pompe, de chèque énergie et de bouclier tarifaire. Ces chiffres témoignent de la forte disparité des solutions apportées par chaque État pour soutenir leurs concitoyens.

Ces inégalités ne sont pas au goût du chancelier autrichien. Dans un communiqué diffusé le week-end dernier, Karl Nehammer appelle à une réponse commune européenne. La solution pourrait prendre la forme d’un plafonnement des prix de l’énergie dans l’ensemble de l’UE. Le dirigeant autrichien défend notamment un système de tarification basé sur les coûts réels de production, mais cela implique une décorrélation des prix de l’électricité et du gaz. Sa demande devrait être discutée lors de la prochaine réunion entre les ministres de l’Énergie des 27 États de l’Union européenne.

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