La France se prépare aux répercussions économiques d’un arrêt des livraisons russes

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Après six mois de déni, la Russie a finalement montré son jeu. En interrompant les livraisons qui transitent par Nord Stream 1, elle utilise l’énergie comme une arme contre les Européens. Cette éventualité fait partie des nombreux scénarios envisagés par l’UE depuis le début de la guerre en Ukraine. Elle aura un impact significatif sur l’économie.

Quand la Russie a envahi l’Ukraine par le nord, l’est et le sud, l’Union européenne assiste, impuissante, à l’avancée de ses armées sur les terres d’un pays partenaire. Incapable de réagir militairement, Bruxelles décide de s’attaquer au portefeuille de Moscou. Depuis fin février, les Vingt-Sept ont voté sept paquets de sanctions contre des personnalités, l’industrie financière et des sociétés russes. Ces pénalisations entraînent systématiquement une réaction russe. La dernière réponse de Moscou, qui a coupé les livraisons à travers Nord Stream 1, risque d’être la plus difficile à gérer pour les Européens.

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Une inflation soutenue et une croissance au ralenti

S’exprimant sur une chaîne d’information publique, le ministre de l’Économie a réagi à chaud à la suspension des livraisons de gaz par la Russie. Pour Bruno Le Maire, cette décision impactera inévitablement le tarif gaz en France et dans toute l’Europe, connaissant le poids de Gazprom sur le marché européen. Les Vingt-Sept et leurs partenaires subiront de fortes contraintes d’approvisionnement en combustible bleu dans les prochains mois. Ces tensions se répercuteront sur les marchés, qui évoluent à des niveaux 10 fois supérieurs aux marques établies un an auparavant.

Ces tensions énergétiques accentueront les incertitudes économiques déjà palpables en Europe, mais aussi en Chine et aux États-Unis. Malgré ce contexte dégradé, M. Le Maire reste plutôt confiant. Le locataire de Bercy maintient la prévision de croissance à 2,5 % « au moins » en 2022. En revanche, les complications générées par la crise de l’énergie continueront de peser sur l’inflation. Certes, l’Insee annonce un léger tassement de la hausse des prix en août. Le ministre estime que l’envolée des prix se poursuivra encore plusieurs mois. Aucune amélioration significative n’est attendue sur ce point jusqu’à la mi-2023.

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Un impact pouvant atteindre un point du PIB

Même s’il refuse de sombrer dans le fatalisme, Bruno Le Maire n’écarte pas le scénario du pire. Dans ce cas de figure, la Russie coupe le gaz à l’Allemagne, qui n’est autre que le premier partenaire industriel et commercial de la France. Si Moscou choisit cette voie, Berlin a de grandes chances d’entrer en récession. Cette contraction se fera ressentir sur l’économie française. La croissance du PIB sera alors limitée à 1,4 % en 2023, soit un point de moins par rapport à l’année d’avant.

Dans le scénario le plus optimiste, la crise de l’énergie fera perdre 0,5 % de croissance au PIB français. Tout dépend en réalité des prochains développements sur la question de l’énergie entre l’Union européenne – en particulier l’Allemagne – et la Russie. À la lueur des récents évènements, la perspective d’un hiver sans gaz russe paraît la plus probable.

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