L’Azerbaïdjan augmente progressivement ses livraisons de gaz en Europe

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Décidée à se détourner définitivement des hydrocarbures russes, l’Union européenne négocie de nouveaux contrats d’approvisionnement avec d’autres grands producteurs. Après les États-Unis, la Norvège et le Qatar, un autre pays profite de cette aubaine. Il s’agit de l’Azerbaïdjan, ancienne République soviétique dont le sous-sol regorge du précieux combustible bleu.

Les Européens eux-mêmes le reconnaissent : il serait extrêmement difficile de trouver un fournisseur de gaz capable d’assurer la même constance et les mêmes niveaux de prix que la Russie. L’Europe s’efforce malgré tout de se débarrasser de l’encombrant partenaire russe, à cause de la situation sécuritaire en Ukraine. Ces efforts font déjà effet : en moins de six mois, la part des livraisons russes dans les importations de gaz des Vingt-Sept est passée de 50 %, début février, à moins de 10 % actuellement. Ce revirement rapide est en partie lié à l’augmentation de la cadence d’exportations des autres producteurs, comme l’Azerbaïdjan.

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Une source alternative insuffisante pour satisfaire les besoins européens

Sur le plan économique, l’accroissement rapide des quantités de gaz acheminées depuis l’Azerbaïdjan vers l’Europe constitue une bonne nouvelle aux yeux de Bruxelles. Ces volumes supplémentaires aident à soulager, du moins partiellement, les pressions constantes sur les prix de la molécule. Néanmoins, la solution proposée par Bakou ne remplace pas entièrement les livraisons russes, qui couvrent jusqu’à 50 % des besoins européens sur la base d’une estimation consommation gaz normale.

Les responsables politiques de l’Azerbaïdjan ne manquent pas de souligner cette réalité, tout comme le directeur général de l’Agence internationale de l’Énergie. En réaction à la stratégie de « remplacement » de Bruxelles, le Dr. Fatih Birol se montre plutôt sceptique. Selon lui, les États européens ne doivent pas se contenter de trouver des alternatives au gaz russe pour éviter une pénurie de gaz cet hiver. À ses yeux, la meilleure réponse contre la crise énergétique qui arrive consiste à réduire la consommation d’énergie. Le dirigeant de l’AIE encourage ainsi les Européens à adopter des plans de sobriété à grande échelle, qui mobiliserait tous les citoyens et l’ensemble des acteurs économiques.

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Un fournisseur opportun et contesté à la fois

Les politiques européens suivront les recommandations du patron de l’Agence internationale de l’Énergie. Les suggestions n’arrêteront pas pour autant la croissance presque exponentielle des volumes de gaz transportés depuis l’immense champ de Shah Deniz. Le 31 août, l’Azerbaïdjan a déjà livré 7,3 milliards de m³ de gaz en Europe, selon son ministre de l’Énergie Parviz Chahbazov.

Le pays entend exporter jusqu’à 12 milliards de m³ vers les pays de l’UE sur l’ensemble de l’année. Ce volume est 31 % supérieur aux quantités livrées aux Européens l’année dernière. Les flux provenant de Bakou apportent un bol d’air frais sur le marché européen du gaz. Toutefois, ce partenariat essuie de nombreuses critiques, en raison de l’implication de l’Azerbaïdjan dans la guerre au Haut-Karabakh.

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