Le Qatar s’associe avec TotalEnergies pour le projet de GNL North Field East

totalenergies siège

Après un processus d’appel d’offres international, le Qatar a officialisé le 12 juin le choix de TotalEnergies comme premier partenaire étranger de son projet North Field East. Ce partenariat porte sur l’exploitation du plus grand gisement de gaz naturel au monde. L’annonce arrive pile au moment où l’Europe cherche des alternatives sérieuses au gaz russe.

Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, l’Union européenne cherche désespérément des sources d’approvisionnement pouvant remplacer une partie ou la totalité des livraisons de gaz russes. Les Vingt-Sept savent être à la merci de la Russie, qui peut décider de réduire ou de stopper l’acheminement du précieux combustible bleu depuis les champs gaziers de Sibérie occidentale. D’ailleurs, le pays s’est déjà servi de cette arme, en réduisant de 40 % les livraisons à travers le gazoduc Nord Stream. Dans ce contexte difficile, le nouveau partenariat entre le Qatar et TotalEnergies laisse entrevoir une porte de sortie pouvant résoudre une partie des problèmes de l’Europe.

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Un immense projet de gaz naturel à 28 milliards USD

Le gisement de North Field East au Qatar représente environ 10 % des réserves de gaz naturel connues actuellement, si l’on se fie aux données fournies par QE et par le dernier comparateur gaz. Les gisements s’étendent sur un territoire allant du golfe Persique jusqu’à l’intérieur des terres iraniennes. Seulement, l’Iran n’a pas encore la possibilité d’exploiter le champ gazier de South Pars lié à North Field, en raison des sanctions internationales qui pèsent sur son industrie.

Important L’exploitation de ces immenses réserves renforcera la position du Qatar comme l’un des principaux exportateurs de GNL au monde, aux côtés des États-Unis et de l’Australie.

L’émirat achemine l’essentiel de son GNL vers la Chine, le Japon et la Corée du Sud. Cependant, la situation en Ukraine pourrait entraîner un glissement stratégique et une augmentation des livraisons vers l’Europe. Depuis 2021, Doha a déjà effectué des livraisons supplémentaires vers la Grande-Bretagne. Le pays a aussi officialisé un nouvel accord commercial avec l’Allemagne. D’autres accords avec les nations européennes devraient être annoncés prochainement. Le projet de GNL de North Field East arrive donc à un moment propice. Selon le ministre qatari de l’Énergie, le coût du projet NFE est estimé à 28 milliards de dollars. Le site devrait entamer sa production en 2026.

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Une alliance cimentée dans une joint-venture

Sans entrer dans les détails de l’accord, le PDG de TotalEnergies salue les efforts des négociateurs de Qatar Energy, qui auraient obtenu un bon prix et défendu férocement les intérêts de Doha. Patrick Pouyanné se satisfait toutefois du contrat, le plus important que le groupe a signé avec le Qatar. Cette alliance compensera le retrait précipité du géant français de Russie. Pour ce partenariat, il prévoit un investissement de 2 milliards de dollars dans la construction des unités du site de traitement et de liquéfaction de gaz naturel.

Ce montant représente 25 % du budget total, les 75 % restant sont à la charge de QE. Cette répartition correspond à la participation de 25 % de TotalEnergies dans la nouvelle coentreprise fondée avec QatarEnergy, qui contrôlera 75 % des parts. Cette joint-venture possèdera 25 % du projet NFE. La part réelle de TotalEnergies s’élève donc à 6,25 %. L’alliance entre les deux groupes s’étend jusqu’en 2054.

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