L’UE aurait déjà brûlé près de la moitié de ses réserves de gaz en 2021

réserves de gaz

Le cours du gaz sur le marché de référence néerlandais a été multiplié par huit depuis le début de l’année 2021. Même si l’envolée des prix s’est quelque peu calmée, la crise entourant les livraisons de gaz russe vers l’Union européenne se poursuit. Des deux côtés, on s’accuse d’être responsable de la flambée des prix.

En dépit de nombreux désaccords politiques et stratégiques, l’Union européenne et la Russie entretiennent une relation d’affaires relativement stable en matière de gaz fossile. La donne est simple : le pays des tsars assure plus du tiers des approvisionnements en gaz de l’UE, par le biais de gazoducs – Yamal-Europe, Nord Stream, etc. – et de navires de transport de GNL. Ces derniers mois, ce lien pluridécennal s’est tendu, sur fond de crise géopolitique en Ukraine. Les livraisons russes sont moins importantes qu’à la même période en 2020, obligeant l’Europe à puiser dans ses réserves souterraines alors que l’hiver vient à peine de commencer.

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Européens et Russes se rejettent la faute

Interrogée sur la baisse de ses livraisons en ce début d’hiver, une diminution qui pèse sur le tarif gaz, la Russie avance une explication assez étonnante. Le président Vladimir Poutine estime que la situation a des origines « purement commerciales ». Selon le Kremlin, l’interruption des exportations via le gazoduc Yamal-Europe découle uniquement d’une absence de commande de la part des Européens.

La Russie affirme en revanche qu’elle a toujours honoré ses engagements commerciaux envers ses partenaires de l’Union. Il convient de savoir qu’elle aurait même livré 10 % de gaz en plus que ce qui était prévu dans son contrat avec l’Allemagne. Elle accuse les pays de l’UE d’inverser les rôles et de cacher ce qui se passe réellement à leurs citoyens, lourdement impactés par la flambée des prix du gaz. Côté européen, les États se montrent critiques vis-à-vis de l’attitude de la Russie.

Peu avant la fin d’année, un haut responsable polonais affirme que son puissant voisin manipulerait les volumes livrés à l’Europe pour des raisons politiques. Ce point de vue est partagé par des politiques français et allemands. Selon eux, la Russie se servirait de sa position dominante sur le gaz pour :

  • Faire infléchir l’UE sur la question de l’Ukraine ;
  • Accélérer la certification du nouveau gazoduc Nord Stream 2.
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Les réserves stratégiques de l’UE au plus bas

Lors d’une conférence de presse organisée le 23 décembre dernier, le président russe annonce que Gazprom a détecté une inversion des flux sur le gazoduc Yamal-Europe, entre l’Allemagne et la Pologne. Au lieu de livrer du gaz russe à l’UE, le pipeline renvoie du gaz russe livré à l’Allemagne vers la Pologne, puis vers l’Ukraine. Ces réexportations porteraient sur les 10 % de gaz en plus fournis à la partie germanique. Vladimir Poutine accuse l’État allemand de comportements irresponsables, ces livraisons inversées ne pouvant qu’exacerber les tensions sur les prix du marché.

Gazprom, la compagnie gazière de l’État russe, indique également que l’UE a déjà consommé 41 % des réserves de gaz constituées en 2021. Sur les seules journées du 21 et 22 décembre, l’Europe aurait prélevé 1,412 milliard de mètres cubes de gaz de ses centres de stockage souterrains. La situation n’augure rien de bon pour les consommateurs européens : le lundi 3 janvier 2022, l’approvisionnement via le pipeline Yamal-Europe n’avait pas encore repris.

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