La hausse des prix du gaz menace l’émancipation du Royaume-Uni vis-à-vis du charbon

cuisinière

Le gouvernement britannique ambitionne de se passer définitivement du charbon pour son système électrique d’ici trois ans et de s’affranchir totalement des énergies fossiles d’ici 2035, comme l’a récemment expliqué Boris Johnson dans une interview. Mais l’explosion des prix du gaz depuis le début de l’année risque de contrecarrer ce plan.

À un mois de l’ouverture de la COP26 sur le climat à Glasgow, le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a dévoilé ses plans quant au système énergétique de la Grande-Bretagne pour les années à venir. À l’heure où les enjeux environnementaux sont au cœur des débats, le pays souhaite en effet s’affranchir de l’exploitation d’énergies fossiles au profit des énergies renouvelables, notamment l’éolienne.

Une initiative à laquelle seraient favorables de nombreuses grandes entreprises du pays. Mais comme le relatent depuis l’année dernière des sites de comparatif gaz, la flambée des prix de cette source d’énergie menace les projets de Boris Johnson.

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La production énergétique du Royaume-Uni en 2020

D’ici 2024, le Royaume-Uni ambitionne de sortir du charbon. Et à plus long terme, à savoir d’ici 2035, le pays entend décarboner totalement son système énergétique, comme l’explique Boris Johnson :

Nous pensons que nous pouvons parvenir à une production d’énergie totalement propre d’ici 2035.

Boris Johnson

Une initiative saluée par bon nombre d’associations écologistes qui ne pouvaient pas s’empêcher de démontrer leur satisfaction en découvrant que ce projet a également pour but de s’émanciper de la volatilité des prix de l’hydrocarbure.

Mais le défi sera de taille pour le gouvernement britannique, car les énergies fossiles sont aujourd’hui responsables de 41% de la production électrique dans le pays avec le gaz qui assurait à hauteur de 37% en 2020 en laissant 2% au charbon et 42% pour l’éolien, le solaire, l’énergie hydraulique et la biomasse.

À noter toutefois qu’avec l’explosion des prix du gaz, à hauteur de 218%, constaté depuis début 2021 pourrait faciliter la tâche de l’exécutif. Ce, pour la simple raison que face à cette surcroissance, les consommateurs ont préféré opter pour d’autres sources d’énergie telles que l’éolien, le solaire, mais aussi le charbon.

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La hausse des prix du gaz menace les plans du gouvernement britannique

D’après les observateurs, cette flambée des tarifs du gaz a eu un effet à double tranchant. Ce, étant donné que non seulement elle a incité les consommateurs à délaisser le gaz, mais dans la grande majorité des cas, ces derniers se sont tournés vers le charbon. Une situation qui intervient, alors qu’il s’agit de l’énergie fossile que le pouvoir public souhaite se débarrasser en priorité en se fixant pour objectif d’y parvenir d’ici trois années à peine.

Ce qui semble difficile étant donné que ces dernières semaines, des analystes ont relevé que l’utilisation des centrales à charbon pour l’approvisionnement en électricité a fortement augmenté sur l’ensemble du territoire.

Mais pour Tony Syme, il n’y a pas trop de quoi s’inquiéter, car l’utilisation du combustible reste limitée en Grande-Bretagne. Cet expert de l’école de commerce de l’Université de Salford a également rajouté que d’ici l’année prochaine, le pays ne comptera plus qu’une seule centrale de charbon pour ainsi dire que les deux autres seront écartées de la liste. De ce fait, il estime que l’objectif de se passer du charbon devrait vraisemblablement être atteint d’ici 2024.

Ce qui n’est pas trop de l’avis de certains observateurs expliquant que l’augmentation continue des prix du gaz pourrait inciter les consommateurs à recourir davantage au charbon, surtout à l’approche de l’hiver. En outre, ces spécialistes redoutent que cette tendance haussière repousse la fermeture des deux centrales susmentionnées qui, rappelons-le, est prévue pour l’année prochaine.

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