Le gazoduc Nord Stream 2 attend encore sa certification

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En pleine crise de l’énergie, la mise en service du nouveau gazoduc Nord Stream 2 est très attendu pour réduire la pression sur les prix du gaz en Europe. Seulement, l’installation, fin prête depuis octobre, ne dispose pas encore de la certification nécessaire à son entrée en fonction. L’Allemagne se montre intransigeante sur ce point.

Nord Stream 2 relie directement la Russie et l’Allemagne par l’intermédiaire d’un immense pipeline qui traverse la mer Baltique. Ce gigantesque projet alimentera les besoins en gaz du pays et de toute l’Europe centrale, sans passer par l’Ukraine et les pays d’Europe de l’Est, là où transite traditionnellement le précieux combustible provenant de Russie. Ce nouveau réseau complètera Nord Stream 1, qui suit à peu près le même tracé. La planification et la construction de ce gazoduc de 9 milliards d’euros incombent à la société Nord Stream 2 AG, une structure de Gazprom basée en Suisse. Celui-ci attend sa certification en Allemagne.

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Un énième obstacle sur le chemin de Nord Stream 2

Prévue initialement en novembre 2021, l’entrée en service de Nord Stream 2 prend du retard. Pourtant, ce pipeline géant dans la Baltique aurait pu atténuer la flambée des prix de l’énergie ces derniers mois, une hausse des plus évidentes sur un comparatif gaz. Avec une capacité de livraison estimée à 55 milliards de mètres cubes par an, cette installation réglerait une bonne partie des problèmes d’approvisionnement en gaz de l’Europe. Cette envergure inquiète aussi ses détracteurs. Dès le début, les États-Unis craignent que cette infrastructure renforce la dépendance énergétique du Vieux Continent envers la Russie.

En 2019, le pays a déjà assuré 40 % des besoins en gaz de l’UE. Nord Stream 2 augmentera incontestablement l’influence de la Russie sur le marché du gaz européen. Sur le plan géopolitique, une partie de l’UE et l’OTAN voient d’un mauvais œil l’impact de ce pipeline sur les intérêts de l’Ukraine. En contournant le pays, la Russie le prive d’une rente annuelle évaluée à 1,5 milliard d’euros, prélevée au titre du transit du gaz russe sur son territoire. Toutes ces inquiétudes ont compliqué la mise en œuvre du gazoduc.

Les entreprises et les États impliqués dans le projet ont tenu bon et ont réussi à finaliser sa construction en septembre. Le remplissage de la première ligne, située dans la partie russe, a commencé en octobre. L’Europe devra néanmoins attendre avant de recevoir les premières livraisons de gaz acheminé depuis cette infrastructure.

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Une bisbille juridique à résoudre en quatre mois

Ce nouveau retard est à mettre sur le compte de l’administration allemande. En effet, l’Agence fédérale des réseaux a suspendu le processus de certification du gazoduc, en invoquant un problème juridique dans la constitution de la société chargée d’opérer l’infrastructure. Le régulateur de l’énergie outre-Rhin exige de Nord Stream 2 AG qu’elle se conforme au droit allemand.

Important Pour obtenir l’approbation de l’autorité, la société doit transférer des ressources humaines et des actifs essentiels dans une filiale basée en Allemagne.

Le régulateur allemand se donne quatre mois pour certifier le projet à partir du moment où Nord Stream 2 AG termine cette formalité. L’approbation de l’Allemagne sera ensuite soumise à la Commission européenne pour avis.

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