Les faillites de fournisseurs d’énergie se multiplient au Royaume-Uni

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Une crise énergétique sans précédent menace le Royaume-Uni à cause de la flambée des prix du gaz naturel. Bien que le phénomène touche toute l’Europe, l’impact semble nettement plus lourd outre-Manche du fait de sa forte dépendance à ce combustible. Les faillites de petits fournisseurs d’énergie se multiplient ainsi depuis quelques semaines.

Lourd impact de la flambée des prix du gaz sur le Royaume-Uni

Jonathan Brearley, président d’Ofgem, le régulateur du secteur de l’énergie britannique, souligne que

Les prix du gaz ont été pratiquement multipliés par six en un an et ont même enregistré une hausse de 70 % en août.

Jonathan Brearley

Les raisons sont multiples : croissance marquée de la consommation mondiale, extrême faiblesse des stocks, net recul des exportations russes.

ImportantL’ensemble de l’Europe est concerné, mais le Royaume-Uni est plus sévèrement touché.

En effet, sa production d’électricité repose majoritairement sur le gaz naturel. Et si habituellement, l’éolien offshore parvient à satisfaire 20 % de la demande, le vent n’a pas suffisamment soufflé ces dernières semaines. Tous ces facteurs combinés ont aggravé le besoin en énergies fossiles.

Or, les tarifs étant plafonnés afin de protéger les ménages, les petits fournisseurs de gaz doivent absorber le surcoût induit par l’explosion des cours. Il en résulte une succession de faillites. Si la situation n’est pas inédite, son ampleur est telle qu’elle préoccupe les autorités.

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Faillites en cascade de fournisseurs en énergie britanniques

En septembre, plusieurs enseignes ont annoncé l’arrêt de leur activité : Avro Energy, People’s Energy, Green Supplier Limited, Utility Point, MoneyPlus Energy. Au total, ces entreprises approvisionnaient 1,5 million de foyers, soit 5 % du marché.

Les sociétés de plus grande envergure ne sont pas épargnées. Bulb, numéro six sur le marché de la fourniture d’énergie avec 1,7 million de clients serait à la recherche de nouveaux investisseurs pour redresser la barre.

Les plus gros du secteur parviennent néanmoins à tirer leur épingle du jeu. Parmi la quarantaine d’acteurs qui résistent encore à la pression figurent les principaux distributeurs d’énergie, comme British Gas, EDF Energy, E.ON, npower, Scottish Power, SSE. Ce sont souvent ceux que l’Ofgem désigne pour remplacer un fournisseur de gaz défaillant, le gouvernement s’étant engagé à éviter toute rupture d’alimentation aux utilisateurs finaux. Il reste que ces derniers doivent parfois payer plus cher.

L’État multiplie les rencontres avec le régulateur ainsi que les distributeurs d’énergie pour trouver des solutions pérennes et prévenir des pannes alors que l’hiver commence. Alors que le Premier ministre tempère en évoquant des « problèmes passagers », les distributeurs réclament la mise en place d’un organisme regroupant les foyers potentiellement insolvables clients des entreprises qui ont mis la clé sous la porte. D’autres préconisent la suppression de certaines taxes sur les factures énergétiques et le déplafonnement des tarifs aux particuliers afin de réduire le risque de dépôts de bilan d’entreprises de distribution d’électricité d’ici Noël. Des requêtes qui pour l’instant n’ont pas été entendues…

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