Des pressions baissières alimentent la volatilité des cours du gaz

prix du gaz

Depuis le début de l’année, les prix du gaz sur les marchés financiers n’ont eu de cesse d’augmenter. Les difficultés d’approvisionnement de l’Europe et la reprise économique mondiale y ont fortement contribué. Ces dernières semaines, les cours du GNL semblent s’orienter à la baisse. Des facteurs météorologiques et géopolitiques expliquent cette pression baissière.

Entre le 1er décembre 2020 et le 1er décembre dernier, le prix du gaz sur le marché de référence en Europe – le TTF néerlandais – a quasiment décuplé. Puis, durant les premières semaines de décembre, les cours ont bondi de 90 % pour franchir la barre des 180 euros par MWh. Cette forte hausse masque plusieurs épisodes de baisse des prix, qui semblent annoncer une stabilisation, voire un renversement du marché à moyen terme. Malgré ces replis éphémères, les pressions haussières continuent de dicter le marché et n’augurent rien de bon à l’approche de l’hiver. Les tensions croissantes entre l’Ukraine et la Russie ne font qu’aggraver la situation.

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Une volatilité inchangée en Europe et aux États-Unis

Si l’on effectue un comparatif gaz entre janvier et décembre 2021, on obtient un écart de prix exceptionnel, les cours ayant été multipliés par 10 durant cette période. Pire, la situation risque de s’aggraver dans les semaines à venir, en prévision du froid qui commence à s’installer. Même si les États-Unis ont réussi à constituer des stocks de gaz plus ou moins constants en novembre, la hausse des besoins en chauffage exacerbera alors de nouveau les tensions sur les prix du GNL.

Cette dégradation est d’autant plus probable que les approvisionnements russes, en Europe et dans le reste du monde, ne permettent pas encore de reconstituer les stocks des principaux consommateurs. Même si l’acheminement de gaz via le gazoduc Yamal-Europe suit la cadence, les volumes livrés en Allemagne et en Pologne ne suffisent pas à dégonfler la pression inflationniste sur le marché. D’ailleurs, si les stocks retrouvent un niveau tolérable aux États-Unis, ils restent tendus en Europe et en Asie. La situation actuelle limite de fait la probabilité d’une baisse continue des cours du gaz à court terme.

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Des perspectives baissières qui restent floues

Certaines projections tablent en revanche sur une inflexion des prix sur le TTF-néerlandais dans les prochains mois. Ces analyses optimistes reposent sur des projections météorologiques plus favorables, l’hiver 2021-2022 étant attendu comme étant le plus chaud jamais enregistré après celui de 2015.

Les températures clémentes de l’hiver devraient limiter les besoins en gaz de chauffage dans le monde, une donnée qui « rassure » les investisseurs – mais qui n’augure rien de bon pour les climatologues et les écologistes. Les experts fondent aussi beaucoup d’espoir dans la mise en œuvre du nouveau pipeline Nord Stream 2. Ce nouveau gazoduc attend encore sa certification par l’Allemagne, qui n’hésite pas à se servir de cette position de force pour faire pression sur la Russie au sujet du conflit ukrainien.

Malgré ces tensions géopolitiques, beaucoup attendent avec impatience les premières livraisons provenant de ce pipeline, capable de transporter 55 milliards de mètres cubes de gaz par an entre la Russie et l’Allemagne. Malgré ces facteurs baissiers, la pression inflationniste reste trop forte et empêche pour le moment tout début d’inflexion des marchés. Le mardi 21 décembre dernier, l’indice TTF néerlandais s’est apprécié de 22 % et atteindra un nouveau pic à 187,785 euros le MWh de gaz livrable en février.

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