Les avis divergent sur la décision de Washington de renoncer aux sanctions liées au projet Nord Stream 2

projet nord stream 2

Depuis des années que Washington, Berlin et Moscou entretiennent une relation quelque peu tumultueuse en ce qui concerne le projet Nord Stream 2. Mais cette époque est désormais révolue étant donné qu’aux dernières nouvelles, les États-Unis ont décidé de faire preuve d’une bonne volonté diplomatique en procédant à la suspension des sanctions américaines.

Dans le cadre d'une loi votée en 2019, les États-Unis ont mis un coup d’arrêt à la finalisation du projet Nord Stream 2. Celui qui, rappelons-le, vise à mettre sur pied un nouveau pipeline qui vient renforcer le gazoduc reliant la Russie et l’Allemagne en empruntant la voie marine à travers la mer Baltique.

Tout cela pour en venir au fait qu’il s’agit là de la raison principale à la source de la relation tendue entre Washington, Berlin et Moscou constatée ces dernières années. Ce qui n’est désormais plus le cas étant donné que l’administration Biden a récemment décidé de lever les sanctions liées à ce dispositif. Une décision qui a bien fait de départager les avis.

Une décision plutôt bien perçue pour certains…

Notre position est conforme à notre engagement de renforcer nos relations transatlantiques comme une question de sécurité nationale.

C’est en cette phrase que Antony Blinken, chef de la diplomatie américaine a expliqué la décision de Washington à lever les sanctions qui pèsent sur la construction du gazoduc Nord Stream 2. Ce secrétaire d’État a même ajouté que :

Les exemptions accordées sont dans l'intérêt national des États-Unis.

Antony Blinken

Mais pas seulement puisqu’en parallèle, la Russie et l’Allemagne y trouvent également leur compte pour ainsi dire que cette décision est plutôt bien perçue auprès de ces nations. Dans ce sens, Heiko Maas, chef de la diplomatie allemande ne s’est pas retenue de saluer le geste en annonçant que :

Nous pensons qu'il s'agit d'une étape constructive, dont nous serons heureux de discuter plus avant avec nos partenaires à Washington.

Heiko Maas

Ce qui est également de l’avis de Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères déclarant que :

Nous sommes prêts à discuter de toutes les questions, sans exception, à condition que la discussion soit honnête et se base sur un respect mutuel.

Sergueï Lavrov

Ainsi, tout indique que la tension s’est quelque peu détendue entre les parties en notant que pour faire avancer les choses, une première rencontre est prévue entre Joe Biden et Vladimir Poutine dans les jours qui viennent.

… Mais pas pour d’autres

Principaux concernés, Berlin et Moscou sont certes les premiers à voir d’un bon œil cette décision de Washington. Mais ce n’est certainement pas le cas pour d’autres nations à l’instar de l'Ukraine et de la Pologne qui, en effectuant un comparatif gaz, y voient une menace pour leur activité sur le marché allemand. Ce, pour la simple raison que le gazoduc Nord Stream 2 renforcera à coup sûr l’emprise de la production russe dans ce domaine.

Et comme si cela ne suffisait pas, il faut aussi préciser qu’aux États-Unis, certains élus y voient quelque chose à redire si ce n’est que d’énumérer le cas de deux sénateurs qui ont respectivement partagé leur point de vue en s’exprimant en ces termes :

Joe Biden traite un gazoduc russe mieux que l'oléoduc américain Keystone XL.
L'administration donne la priorité aux intérêts perçus de l'Allemagne et de la Russie sur ceux de nos alliés en Europe centrale, orientale et septentrionale.

Une situation qui intervient, alors que la Maison Blanche se doit encore d’apporter des explications auprès du Congrès en notant que de son côté l’Union Européenne a aussi fait part d’un avis pas très positif en estimant pour sa part que :

  • Ce projet ne va pas dans le sens de ses engagements de politique énergétique ;
  • L'Allemagne a fait cavalier seul.
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