En Birmanie, Total a adopté de nouvelles mesures en rapport avec les accusations qui pèsent sur le groupe

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Voilà des mois que la Birmanie n’arrête pas de faire parler d’elle notamment depuis la junte militaire survenue en février dernier. Et une fois de plus, la nation revient en haut de l’affiche en entrainant cette fois dans son sillage le groupe pétrolier tricolore Total qui est fort de près de trois décennies de présence dans le pays.

Présent en Birmanie depuis 1992, Total mène une activité paisible dans ce pays où lors d’un comparatif gaz, il apparaît souvent en tête de liste des choix des ménages. Du moins, jusqu’à récemment puisque depuis le coup d'État militaire survenu en février, cette existence tranquille a été chamboulée.

Ce, pour la simple raison que cet énergéticien tricolore est accusé d’avoir financé l’armée au détriment de l’État birman à travers les dividendes versés par Moattama Gas Transportation Company (MGTC), l’entreprise dont est en partie l’actionnaire. Une situation qui a bien fait d’inciter le groupe pétrolier à adopter de nouvelles mesures.

De nouvelles mesures en ce qui concerne la Birmanie

À titre de rappel, différents organismes réclament le retrait de Total de la Birmanie depuis le coup d’État militaire si d’autres organisations militantes pro-démocraties lui imposent de :

Cesser de financer la junte.

Tout cela pour dire que les derniers mois n’étaient pas de tout repos pour le groupe pétrolier qui a été contraint d’adopter de nouvelles mesures par rapport à la situation. À commencer par sa décision de perpétuer ses activités dans le pays selon Patrick Pouyanné, son PDG qui, en procédant à un comparatif gaz, a expliqué que :

Notre activité de production de gaz offshore en Birmanie fournit d'une part la moitié de l'électricité des près de 5 millions d'habitants de la ville de Yangon et, d'autre part, alimente l'ouest de la Thaïlande vers laquelle est exporté l'essentiel de ce gaz.

Patrick Pouyanné

Ainsi, Total a décidé de continuer l’exploitation du gisement de Yangon en mettant en suspend le reste de ses activités en faisant allusion à sa campagne de forage de puits de gaz en cours et à ses projets de développement des réserves de gaz découvertes à l’ouest du pays.

S’ajoutant à cela, le groupe a aussi fait savoir qu’il allait continuer de verser les 50 millions d’euros dédiés à l’État birman en guise d’impôts divers. Et d’ajouter que le même montant sera versé :

Aux associations qui travaillent pour les droits humains en Birmanie l'équivalent des taxes qu’elle sera amenée à payer effectivement à l'État birman.

En réponse à des accusations

Pour Total, l’adoption de ces mesures n’est pas le fruit du hasard. Simplement parce que le groupe est accusé d’avoir contribué au financement des militaires à la source de ce coup d’État à hauteur de plusieurs centaines de milliards de dollars répartis sur plusieurs années.

Et en y regardant de près, l’on constate que l’énergéticien est inclus dans l’affaire pour la raison qu’à l’instar de l’armée birmane à travers MOGE, il est aussi actionnaire dans l’entreprise pétrolière Moattama Gas Transportation Company (MGTC) à hauteur de 31 % contre 15 % pour les militaires.

Concrètement, l’accusation est portée sur le fait que par rapport aux charges versées à l’État, les dividendes au profit de l’armée sur l’activité de transport sont nettement plus élevés. À un analyste d’expliquer :

MGTC facture à un prix jugé exorbitant le transport du gaz, généralement moins taxé que la production, ce qui permettrait de réduire le montant des royalties versées à l'État birman.

Patrick Pouyanné

Pour sa défense, Total a fait savoir que :

Le schéma est classique et il a été avalisé avec les autorités du Myanmar de l'époque et s'est poursuivi avec les gouvernements successifs jusqu'à ce jour.
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