EDF réévalue le coût de l’arrêt forcé des réacteurs nucléaires

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En plus de la guerre en Ukraine, le système énergétique français souffre d’un autre problème majeur, lié à son parc nucléaire. L’arrêt forcé de plusieurs réacteurs diminue la production d’électricité d’origine atomique. Pour EDF, cette faible disponibilité a un coût énorme, qui alourdira encore plus la dette de la compagnie.

Bientôt nationalisée, la compagnie d’électricité enchaîne les complications ces derniers mois. D’abord, la crise de l’énergie l’oblige à revendre plus d’électricité à des tarifs préférentiels, dans le cadre du mécanisme de l’Arenh. Il convient de savoir que ce changement, imposé par l’État, entraîne des pertes estimées à 8,34 milliards d’euros début août.

En parallèle, les problèmes de disponibilité des réacteurs affectent également sa production d’électricité. EDF est donc contrainte d’acheter des volumes d’électrons sur les marchés de gros pour approvisionner ses clients, alors que les prix atteignent des niveaux prohibitifs ces dernières semaines. Tous ces facteurs combinés aggravent sa situation financière, déjà vacillante.

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Un parc nucléaire en convalescence jusqu’en 2024

La détection de corrosions au niveau des tuyaux de refroidissement de certains réacteurs perturbe la production d’électricité d’EDF depuis l’automne dernier. Ces dégradations ont entraîné la mise à l’arrêt de plusieurs cœurs, afin de réaliser des contrôles plus approfondis avec l’aide de l’Autorité de sûreté nucléaire. En plus de ces défaillances, l’électricien a aussi repris les travaux de maintenance, interrompus pendant la pandémie. Ces inspections se poursuivront en 2023 et continueront de peser sur la production d’électricité du groupe, selon la dernière simulation EDF. L’énergéticien table notamment sur une production nucléaire située entre 340 et 370 TWh l’an prochain.

Les prévisions financières de 2023 dépendront de la régulation des tarifs de l’électron. Selon les plans du gouvernement, le prix de l’électricité ne devrait pas augmenter au-delà de 15 % l’année prochaine, grâce à la reconduction du bouclier tarifaire. Les problèmes de disponibilité du parc nucléaire ne seront pas résolus à court terme. Toujours selon les prévisions d’EDF, la production d’électricité à l’horizon 2024 sera limitée entre 315 et 345 TWh. Ces quantités, bien que supérieures aux estimations de 2022, sont loin des niveaux établis en 2015 et 2016, quand le nucléaire français produisait plus de 415 TWh chaque année, avec un taux de disponibilité supérieur à 80 %.

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Un faible taux de disponibilité coûteux pour EDF

À l’heure actuelle, 26 réacteurs sur les 56 dans l’inventaire d’EDF sont à l’arrêt, pour cause de recharge de combustible, de travaux de maintenance ou de réparation des corrosions. L’électricien affirme qu’ils redémarreront tous d’ici la fin de l’hiver.

EDF précise aussi que d’autres installations seront mises à l’arrêt dans les prochains mois. En tout cas, ces soucis d’indisponibilité coûtent énormément d’argent à la compagnie. La facture s’élèvera à 29 milliards d’euros cette année , selon le dernier compte-rendu du groupe, soit 5 milliards de plus par rapport aux estimations publiées en juillet dernier. Cette évaluation se base sur une estimation de production entre 280 et 300 TWh.

Avec ce surcoût, l’électricien verra sa dette s’alourdir jusqu’à atteindre 60 milliards d’euros jusqu’à la fin de l’année. La situation devenant intenable, EDF a demandé une indemnisation de 8 milliards d’euros au titre des pertes occasionnées par le mécanisme de l’Arenh.

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