Les abonnés des fournisseurs alternatifs reviennent en nombre chez EDF

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Les prix de gros de l’électricité ont atteint des sommets vers fin août. Cette flambée historique était la goutte de trop pour les fournisseurs alternatifs, englués dans des difficultés économiques depuis l’automne dernier. Leur réaction fut immédiate : ils encouragent leurs clients à souscrire une offre au tarif réglementé chez EDF.

Les analystes, les énergéticiens et les dirigeants le répètent à l’envi depuis quelques semaines : la situation énergétique en Europe a perdu toute rationalité ces derniers mois. Sur les marchés de gros, les spéculateurs parient sur une envolée historique du prix du mégawattheure cet hiver, sur fond d’arrêt des livraisons de gaz russe et d’indisponibilité du parc nucléaire français. D’un autre côté, l’incapacité des politiques à trouver une solution européenne à la crise énergétique alimente les pressions inflationnistes. Incapables de survivre à une telle hausse, les fournisseurs alternatifs opérant en France commencent à jeter l’éponge. Leur désistement risque de créer d’autres problèmes chez EDF.

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Des fournisseurs contraints de promouvoir l’offre de leur rival historique

Avant la libéralisation du marché de l’électricité français, EDF était l’opérateur historique, le seul à fournir en électron les ménages et les entreprises. La crise actuelle pourrait consolider la place de l’électricien sur le marché, compte tenu de la dernière simulation EDF. Cette fois, ce sont les fournisseurs alternatifs eux-mêmes qui soutiennent explicitement la compagnie dirigée par Jean-Bernard Lévy.

Ces sociétés ont annoncé d’importantes hausses de factures à partir du 1er octobre, en réaction aux prix déraisonnables sur les marchés de gros. Chez Mint Energie, certains clients ont été informés d’un possible doublement de leur échéance . Mais l’opérateur propose une autre solution : il invite les abonnés à revenir chez EDF et bénéficier ainsi d’un contrat au tarif réglementé qui leur fera économiser jusqu’à 1000 euros par an.

Tous les clients de Mint Energie ont reçu cette invitation, de même que ceux d’ Iberdrola et d’Ohm Energie . Le choix de ces fournisseurs est compréhensible à bien des égards. Néanmoins, leur stratégie plait moyennement à la Commission de régulation de l’énergie.

ImportantLa CRE n’exclut pas de poursuivre les opérateurs qui encouragent leurs clients à changer de fournisseurs pour cause de  pratiques commerciales trompeuses.

Cet avertissement s’adresse en particulier aux entreprises qui seraient tentées de profiter des prix exorbitants du marché pour revendre les volumes d’électricité obtenus dans le cadre de l’Arenh.

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Un intérêt croissant pour le contrat d’EDF

Face aux augmentations annoncées par les opérateurs alternatifs, les clients réagissent. On assiste depuis quelques jours à une hausse des demandes de résiliation et de changement de contrats . Les abonnés reviennent en masse chez EDF et son offre à tarif réglementé, le fameux tarif bleu.

À la différence des offres à prix de marché, ce contrat est assorti d’un prix défini par la Commission de Régulation de l’Énergie. Depuis le 1er août, le coût du kWh avec le tarif bleu s’élève à 0,1740 euro pour tous les contrats en option base. L’abonnement annuel pour une puissance de 6 kVA se situe entre 136,12 et 144,32 euros avec cette formule. Si le retour des abonnés est une bonne nouvelle pour EDF, ce phénomène le met aussi dans l’embarras.

À cause de la faible disponibilité de ses réacteurs nucléaires, l’opérateur doit s’approvisionner sur les marchés de gros pour satisfaire sa clientèle . Cette compensation pèse lourd sur ses finances, déjà dégradées par les pertes générées par le mécanisme Arenh. Au premier semestre, EDF enregistre une perte nette de 5,3 milliards d’euros.

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