L’Allemagne persiste sur son choix de sortir du nucléaire

tour de refroidissement d’une centrale nucléaire

Dans plusieurs pays, l’atome recule progressivement dans le mix énergétique. Des décisions politiques et sécuritaires auront eu raison du nucléaire, dont l’abandon définitif est plus ou moins confirmé dans quelques pays. En France, l’État a fait le choix inverse, celui consistant à investir dans les centrales nouvelle génération pour atteindre ses objectifs climatiques.

Historiquement, l’énergie nucléaire est un sujet clivant auprès des populations et des classes politiques. Ses défenseurs vantent son caractère propre, sûr et maîtrisé, ainsi que son rendement élevé par rapport aux combustibles fossiles. Ses détracteurs, eux, invoquent sa dangerosité, prouvée par les accidents meurtriers de Tchernobyl et, plus récemment, de Fukushima.

Au milieu du débat, les dirigeants politiques doivent décider d’une politique énergétique compatible avec leurs ambitions climatiques et tenant compte des réalités technologiques et économiques de leur pays. Sur la base de ces critères, au moins six nations ont d’ores et déjà entériné leur décision de sortir du nucléaire.

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La Corée du Sud et la Suisse à long terme

Selon la dernière simulation EDF, le nucléaire a produit 67 % de l’électricité distribuée et vendue en France en 2020. C’est l’un des taux les plus élevés au monde, confirmant une fois de plus l’exception française en la matière. Le chef de l’État français vient d’ailleurs d’annoncer le développement de nouvelles centrales nucléaires, considérées comme des sources d’énergie propre et donc indispensables à la réalisation des objectifs climatiques du pays.

Le choix de la France contraste beaucoup avec celui d’autres pays, qui ont décidé de sortir de l’atome à plus ou moins long terme. La Corée du Sud, par exemple, prévoit d’ abandonner définitivement ses centrales nucléaires d’ici à 2060. Le processus a déjà commencé en 2017 et concerne en premier lieu les infrastructures qui arrivent en fin de cycle. Sur les 24 centrales de la péninsule coréenne, 17 resteront opérationnelles jusqu’en 2034. Les derniers réacteurs nucléaires devront être éteints en 2060 selon les plans du gouvernement coréen.

La Suisse suit à peu près la même trajectoire, même si la confédération ne se montre pas catégorique. L’atome assure 35 % de la production d’électricité du pays, avant que les Suisses aient voté en faveur d’une sortie du nucléaire en 2017. La confédération compte actuellement 4 centrales, qui devraient être fermées d’ici 2034. De même, l ’Espagne prévoit de stopper son dernier réacteur en 2035, à l’issue d’une fermeture ordonnée et échelonnée de ses 7 centrales à partir de 2027.

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L’Allemagne et Taïwan avant 2030

D’autres pays envisagent d’abandonner par ailleurs définitivement le nucléaire avant la fin de la décennie. À Taïwan, la dernière centrale nucléaire devrait produire son dernier électron avant 2025. La province rebelle a entamé sa séparation de l’atome depuis 2018.

La Belgique a fixé à peu près la même échéance que Taïwan, la sortie du nucléaire en 2025 étant approuvée par le nouveau gouvernement de coalition d’octobre 2020. Cependant, l’arrêt des sept derniers réacteurs opérationnels du Plat pays se fera sous certaines conditions, comme la sécurisation de l’approvisionnement en électricité du pays. L’atome produit jusqu’à 40 % de l’électricité belge.

L’Allemagne est actuellement le plus avancé dans son plan de sortie du nucléaire. Depuis 2011 et la catastrophe de Fukushima, l’État allemand a accéléré sa transition vers un mix énergétique libéré du nucléaire, avec l’arrêt du dernier réacteur au plus tard en 2022. Fin 2011, le pays n’avait que six réacteurs opérationnels, qui produisent 11 % de son électricité. Ils devraient tous s’éteindre d’ici la fin de l’année.

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