Une pénurie de gaz en Europe durant l’hiver 2023-2024 reste possible

Même si la Russie a réduit drastiquement ses livraisons de gaz depuis le début du conflit en Ukraine, l’Europe a réussi à sécuriser son approvisionnement cet hiver. Les importations de GNL et les volumes achetés auprès d’autres fournisseurs ont comblé le vide laissé par Gazprom. En revanche, l’UE craint toujours de manquer de gaz l’année prochaine.

Autrefois premier importateur de gaz en Europe, la Russie joue désormais les faire-valoir sur ce marché. La part du combustible russe dans les importations européennes tombe à 9 % au début de l’automne, contre plus de 45 % en janvier. On pourrait donc croire que Bruxelles a réussi sa mission prioritaire, consistant à se défaire rapidement de la mainmise russe sur l’approvisionnement en hydrocarbure.

Dans les faits, la situation est un peu plus compliquée. En effet, le risque de coupure totale des livraisons russes et l’augmentation de la demande mondiale en GNL l’an prochain inquiètent l’Agence internationale de l’Énergie.

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Des préparatifs d’urgence face à un déficit énergétique important

La sécurité d’approvisionnement étant plus ou moins assurée cette année, les États européens se tournent déjà vers l’hiver 2023-2024. Les prédictions de l’Agence internationale de l’énergie laissent peu de place à l’optimisme. Selon l’AIE, l’Europe doit s’attendre à une pénurie non négligeable l’an prochain, en se basant sur l’estimation consommation gaz actuelle.

Si la Russie arrête de livrer du gaz, les Vingt-Sept se trouveront dans une situation difficile. L’agence appelle les États à agir dès maintenant pour réduire l’impact de cette crise. Elle évoque plusieurs pistes, dont :

  • L’accélération du déploiement des énergies renouvelables ;
  • Le remplacement des pompes à chaleur énergivores ;
  • L’amélioration de l’efficacité énergétique.

Autrement dit, les actions des Européens doivent prioritairement cibler la demande en gaz. L’AIE insiste aussi sur le rôle croissant des éoliens et des centrales photovoltaïques dans le système énergétique européen. En 2022, la production exceptionnellement élevée du solaire et de l’éolien a permis d’économiser 15 milliards de m³ de gaz pour le chauffage et l’électricité. L’agence estime que les États européens auront besoin d’ économiser 30 milliards de m³ avant la fin de l’été, pour aborder sereinement la prochaine période hivernale.

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Un faible remplissage des réserves européennes

L’attitude de la Russie dans le cadre de la guerre en Ukraine sera l’un des principaux facteurs susceptibles de causer une pénurie de gaz l’an prochain. Si Moscou décide de cesser tout transfert du précieux combustible vers l’Europe, plusieurs pays en subiront les conséquences.

ImportantLes réserves européennes seront remplies à 65 % seulement au début de l’hiver 2023-2024 – contre 95 % actuellement.

En plus des conditions géopolitiques, des facteurs économiques risquent de changer la donne.

Cette année, l’Europe a pu remplir ses stocks sereinement à la faveur d’une baisse de la demande en Chine. La politique zéro Covid et l’envolée des prix de l’énergie ont grippé la machine économique chinoise.

Important L’Empire du Milieu devra retrouver son rythme l’année prochaine et redeviendra un sérieux concurrent pour l’Europe sur le marché du gaz.

L’UE aura alors plus de mal à remplir ses réserves avec du GNL. De l’avis de l’AIE, les Européens ont intérêt à sécuriser au plus tôt leur approvisionnement en gaz, pour éviter – ou du moins, limiter – le risque de pénurie durant l’hiver 2023-2024.

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