Le décalage entre les prix de gros du gaz et les factures des consommateurs persiste

tarif_gaz

Après plusieurs mois de hausse, les prix du gaz sur le marché européen tendent à se stabiliser ces dernières semaines. Cette accalmie ne se ressent pas sur les tarifs payés par les consommateurs. La situation est loin d’être anormale : les fournisseurs prennent des précautions et privilégient les contrats à moyenne ou longue durée.

La crise de l’énergie préoccupe les gouvernements et les consommateurs européens depuis plus d’un an. Inquiets des conséquences à moyen terme de la guerre en Ukraine, les États ont accéléré le remplissage des réserves stratégiques de gaz. Les stocks français étaient déjà reconstitués à plus de 99 % début octobre, avec une avance de plus d’un mois sur le calendrier normal. On observe la même situation chez les voisins allemands, belges et italiens, entre autres. Ces efforts assez remarqués, combinés à une météo clémente, ont dégonflé la pression sur les prix du marché… sans toutefois alléger le fardeau des consommateurs.

Je compare les fournisseurs d'énergie

Un calme momentané dans un contexte haussier

Les prix négatifs du gaz observés fin octobre ne reflètent pas vraiment la réalité du marché européen de l’énergie. Ce tarif gaz négatif concerne uniquement une petite partie des échanges qui ont eu lieu sur la place néerlandaise. Et ces transactions portent sur de faibles quantités, destinées à équilibre la demande et l’offre sur le réseau à très court terme.

ImportantLes analystes pensent que ces prix s’appliquent à 0,1 et 1 % des volumes échangés sur le TTF néerlandais.

L’écrasante majorité du gaz vendu sur ce marché de référence est échangée à travers des contrats à terme, dont l’exécution intervient entre trois mois et un an après la transaction. Or, les prix des contrats à terme restent globalement stables depuis quelques semaines. Le mégawattheure se négocie autour de 100 euros dernièrement, loin des 350 euros constatés vers la mi-août. Ces cours se situent dans la moyenne des prix du marché depuis l’automne 2021. Cependant, ces tarifs restent cinq fois plus élevés que les prix moyens en Europe avant 2020. D’ailleurs, les experts de l’Agence internationale de l’énergie ne se font pas d’illusion : les pressions haussières sur le gaz perdureront durant les dix prochaines années.

Je compare les fournisseurs d'énergie

Un apaisement relié à des facteurs exogènes

Selon la logique des marchés, le repli des prix ces dernières semaines vient des volumes de gaz excédentaires livrés en Europe. Après avoir diminué leur dépendance au gaz russe, les Européens ont multiplié les commandes de GNL auprès de l’Australie, des États-Unis, du Qatar et d’autres grands producteurs.

En quelques mois, des centaines de méthaniers déchargent leur précieuse cargaison dans les ports européens et contribuent au remplissage des stocks stratégiques. Seulement, avec des réserves remplies avant l’heure,

ImportantDes dizaines de méthaniers patientent actuellement dans les ports européens.

Le délai d’attente dépendra de la reprise ou non de la demande dans les prochaines semaines, quand le froid s’installera.

À partir de ce moment, les prix hauts redeviendront la norme. Cette parenthèse déflationniste sera trop courte pour faire baisser les tarifs payés par les consommateurs. En France, plus de la moitié des ménages sont liés par des contrats de gaz à tarif libre fixe, dont la durée varie d’un à quatre ans. Une part importante des abonnés opte pour un tarif libre indexé sur les tarifs réglementés. Enfin, des millions de familles bénéficient toujours du bouclier tarifaire, qui plafonne l’augmentation des prix du gaz sur les tarifs réglementés, les contrats indexés sur les tarifs réglementés et tous les nouveaux contrats signés après le 1er septembre 2022.

Je compare les offres