Le cours du gaz devrait poursuivre sa descente dans les prochains mois

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Alors que l’hiver arrive à grands pas et laisse entrevoir une forte augmentation des besoins, les prix du gaz sur le marché européen refluent. Le TTF néerlandais revient même à son niveau d’avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Plusieurs facteurs expliquent ce repli, dont le commencement d’une réponse commune de l’UE face à la crise.

Ces derniers mois, les prix du gaz naturel en Europe affolent les marchés et font le bonheur des spéculateurs… et des énergéticiens, lesquels enregistrent des bénéfices records. En Norvège, par exemple, le géant Equinor réalise un profit de 9,3 milliards de dollars au troisième trimestre, un bénéfice multiplié par 6,5 par rapport à l’année dernière.

En France, Engie et TotalEnergies ont aussi « profité » des prix exceptionnels du gaz. Cette période d’allégresse pourrait prendre fin bientôt, si l’on se fie aux prédictions du commissaire européen Thierry Breton. Selon lui, les mesures d’urgence décidées au niveau européen commencent à faire effet.

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Des précautions face aux actions déstabilisatrices de la Russie

Pour Thierry Breton, commissaire européen au marché intérieur, l’explosion du tarif gaz en Europe est le résultat d’une « guerre hybride » menée par la Russie sur le continent européen. Au-delà de l’invasion armée en Ukraine, Moscou userait d’autres stratagèmes pour déstabiliser l’UE, dont des stratégies d’influence, la désinformation et des cyberattaques. L’attitude russe a poussé les Européens à renforcer la sécurité de leurs infrastructures critiques, dont les câbles sous-marins, les satellites et les réseaux de transport ou de production d’énergie.

ImportantCes efforts interviennent au moment où les Vingt-Sept s’efforcent de s’affranchir totalement des livraisons de gaz russe.

Une telle transformation s’avère difficile, surtout pour certains pays comme l’Allemagne, dont le modèle économique s’est beaucoup appuyé sur un gaz russe bon marché. Pour Thierry Breton, le bouclier anti-inflation à 200 milliards d’euros de Berlin est compréhensible.

ImportantNéanmoins, il croit que toute solution visant à réduire la facture énergétique devrait se faire en coordination avec les autres États membres.

Le commissaire européen croit d’ailleurs que la perspective d’une solution européenne contre la crise commence déjà à rassurer les marchés, comme le prouve la baisse récente du prix du gaz.

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Un optimisme prudent chez les analystes

Après l’annonce d’une feuille de route signée par les 27, les prix du gaz ont baissé de 10 %. Le mégawattheure se négocie autour de 67 euros durant l’avant-dernière semaine d’octobre. Cette tendance baissière devrait se maintenir sur le long terme, selon les prévisions du commissaire européen. Cependant, les prévisions de Thierry Breton reposent sur une hypothèse dans laquelle les États européens transforment les propositions de la « feuille de route » en actions concrètes.

Les gouvernements devraient surtout aider l’industrie, un secteur énergivore et qui souffre beaucoup de la crise actuelle. Thierry Breton encourage les dirigeants européens à aider les entreprises de la chimie, de l’acier, du papier, de l’aluminium et du verre, pour éviter la désindustrialisation de l’Europe. Les analystes financiers et les autres observateurs sont du même avis. Pour le patron de l’Agence internationale de l’énergie, la baisse actuelle des prix pourrait être passagère, en raison de la destruction de la demande en Chine, d’une météo clémente et d’un important afflux de GNL sur le marché.

La situation pourrait s’inverser rapidement si l’économie chinoise retrouve de la vigueur. Ces analyses ne font que confirmer les propos de Thierry Breton : l’UE doit agir rapidement accompagner, voire accentuer, la tendance baissière des tarifs du gaz.
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