Les agriculteurs français se préparent à une campagne compliquée en 2022-2023

Silos agricoles. Stockage et séchage des grains

Avec l’industrie lourde, l’agriculture est l’un des secteurs qui souffrent le plus de l’envolée des prix du gaz. Cette situation inflationniste pèse sur le coût des engrais, dont la fabrication repose en grande partie sur le combustible bleu. La crise énergétique devant encore durer, les agriculteurs s’apprêtent à vivre une nouvelle campagne difficile.

En attendant les solutions inscrites dans la feuille de route européenne contre la crise de l’énergie, la France a pris le devant début octobre. Le gouvernement prévoit de plafonner les prix de l’électricité à 180 euros/MWh. Cette mesure sera financée en partie avec les versements des surprofits réalisés par les producteurs d’électricité d’origine renouvelable.

Néanmoins, cette limitation ne s’appliquera pas au prix du gaz sur les marchés de gros. Pourtant, les industriels l’ont demandé à plusieurs reprises, en raison de son rôle primordial dans la chaîne de production de fertilisants. Les prix élevés du gaz et des semences n’augurent rien de bon pour les agriculteurs.

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Des tarifs mieux contenus pour les semences

Ces derniers mois, la filière agricole subit les conséquences de plusieurs facteurs défavorables, dont la guerre en Ukraine et la crise de l’énergie qui oblige les industriels à réviser leur estimation consommation gaz. À cela s’ajoute un autre facteur, incontrôlable et imprévisible : le changement climatique. Les températures exceptionnellement élevées de cette année ont entraîné une sécheresse dévastatrice pour les semenciers français cet été. Leur production a fortement chuté. Les volumes de semences de maïs ont reculé de 3à à 40 %, contre :

  • -21 % pour la féverole ;
  • -26 % pour le seigle.

Puisque les graines deviennent plus rares, leurs prix augmentent automatiquement. Les semenciers tentent d’amortir le choc en puisant dans leurs stocks pour fournir les coopératives et les agriculteurs en vue de la prochaine campagne. Grâce à ces efforts, l’inflation des prix des semences se limite à 4,5 % en un an.

Cette relative stabilité risque de disparaître dans les prochains mois, si l’on en croit l’avertissement de l’Union française des semenciers. L’UFS s’attend à un accroissement constant des prix de semences, lesquels dépendent des coûts de production des agriculteurs multiplicateurs. Les variations tarifaires seront différentes en fonction des clients et des cultures.

L’UFS s’inquiète aussi de la quantité de semences accessible pour les campagnes de 2024 et 2025. Si les semenciers ne retrouvent pas une production normale cette année, les deux exercices suivants risquent d’être tendus.

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Des engrais plus chers et plus inaccessibles

La question des engrais inquiète aussi la filière agricole. Les usines de fertilisants azotés subissent de plein fouet la flambée des prix du gaz, un élément qui représente pourtant 90 % du coût de production des engrais. En Europe, plusieurs industriels ont ralenti leurs activités. Au cours de l’été, la capacité européenne a même été réduite de 50 %. Évidemment, cette faible production génère des problèmes de disponibilité sur le marché.

ImportantL’effet sur les trésoreries des agriculteurs se fait déjà ressentir : les achats d’intrants azotés sont actuellement 20 % inférieurs à leur niveau normal.

L’Union de l’industrie de la fertilisation appelle les agriculteurs à étaler leurs commandes, pour éviter les surcharges sur les lignes de production. Par lien de causalité, les faibles volumes d’engrais font s’envoler les prix.

ImportantLes fertilisants les plus utilisés se négocient actuellement à des tarifs entre 2,5 et 3,5 fois plus élevés par rapport aux cotations d’avant la guerre en Ukraine.

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