Le projet d’embargo européen sur le pétrole russe tarde à se concrétiser

Plateforme pétrolière offshore

Depuis son attaque non provoquée sur l’Ukraine, la Russie essuie de nombreuses vagues de sanctions du camp occidental. Jusqu’alors cantonnée aux aspects financiers et aux importations technologiques, l’UE envisage de plus en plus de s’attaquer aux exportations énergétiques du pays. Seul problème : les 27 peinent à s’accorder sur la mise en œuvre de ces mesures de rétorsion.

En réaction à l’invasion de l’Ukraine, les États-Unis ont décrété début mars un embargo strict sur les importations de pétrole et de gaz russes sur son territoire. Le Royaume-Uni a pris la même décision que son puissant allié le 9 mars.

Les deux pays peuvent se permettre une telle riposte, puisque les livraisons énergétiques russes représentent une part minoritaire de leurs sources d’approvisionnement. Cela étant, le président américain a promis d’aider les Européens à réduire leur dépendance vis-à-vis du pétrole russe. Deux mois après le début du conflit, les discussions au sommet de l’UE patinent.

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Un accord bloqué par les exigences de la Hongrie

Selon le comparatif gaz de 2021, 45 % des importations de combustible bleu dans l’UE proviennent de Russie. Certains pays des 27 dépendent à plus de 90 % des livraisons russes, tandis que la France et l’Allemagne indiquent avoir réduit significativement leurs achats depuis février. Malgré tous ces efforts, Bruxelles reste exposé aux exportations énergétiques russes et cela limite ses marges de manœuvre.

Conscient de sa position de force, la Russie n’hésite pas à brandir la menace d’un arrêt des livraisons de gaz, en réponse aux sanctions occidentales.

Important Gazprom a même décidé ce jeudi 12 mai d’interrompre l’utilisation d’un gazoduc qui transite par la Pologne.

Or, cette infrastructure joue un rôle majeur dans l’acheminement du combustible bleu depuis la Russie vers l’Europe centrale par le biais du gazoduc Yamal-Europe.

Les discussions entamées par les 27 depuis février visent justement à empêcher l’utilisation du chantage énergétique par la Russie pour influencer les décisions politiques de l’Europe. Pour les dirigeants européens, il est urgent de desserrer l’étau énergétique russe, en diversifiant les sources d’approvisionnement et en réduisant les consommations. Le sixième paquet de sanctions prévoit notamment l’arrêt des importations de pétrole russe dans les six mois. Cet embargo sera ensuite étendu aux produits raffinés fin 2022. Cette proposition se heurte pour le moment au refus de la Slovaquie et de la Hongrie, cette dernière exigeant un délai de cinq ans pour appliquer ces sanctions.

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Des discussions supplémentaires au sein de l’UE

La demande d’exemption de la Hongrie et de la Slovaquie ne relève pas d’un blocage politique, selon les dirigeants des deux pays. Ces États enclavés importent effectivement la quasi-totalité de leurs besoins énergétiques depuis la Russie. Le Premier ministre hongrois estime que l’embargo sur le pétrole russe menace les intérêts vitaux de son pays. Viktor Orban a aussi exigé le financement par l’UE d’un nouvel oléoduc reliant la Hongrie à un port croate ouvert sur la Méditerranée.

En début de semaine, Emmanuel Macron a discuté de la question avec le Premier ministre hongrois. Ursula Van der Leyen s’est déplacée en personne à Budapest pour convaincre Viktor Orban. Seul problème, la réticence de la Hongrie a donné des idées à :

  • La Grèce ;
  • Malte ;
  • Chypre.

Ces pays négocient des assouplissements sur les autres volets du paquet de sanctions, en particulier l’interdiction de transport de pétrole russe par des navires battant pavillon européen. Les diplomates de l’Union européenne devront discuter de ces requêtes dans les prochaines semaines. Malgré ces obstacles, le chef de la diplomatie européenne se veut confiant. Selon lui, l’UE parviendra à conclure un accord pour lancer un embargo sur le pétrole russe.

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