La demande en gaz recule en France depuis janvier

ingénieur gaz

La consommation de gaz en France commence à reculer depuis le début de l’année. Si certains y voient une conséquence indirecte de la crise de l’énergie et de la flambée des prix, d’autres évoquent plutôt un effet météo et le signe d’une volonté des industriels de réduire leurs dépenses énergétiques.

Depuis l’automne 2021, les prix du pétrole et du gaz se sont affolés sur les marchés, atteignant même des pics historiques peu avant Noël. Cette forte volatilité est source d’inquiétude pour les pouvoirs publics, mais surtout pour les consommateurs particuliers et les grandes entreprises.

Certaines industries ont par exemple décidé de ralentir leur production de manière temporaire, afin d’économiser sur les achats énergétiques. Chez les particuliers, dépenser moins de gaz et d’électricité devient une priorité. De toute évidence, ces phénomènes combinés ont impacté la consommation de gaz à l’échelle nationale, si l’on se fie aux derniers chiffres publiés par GRTgaz.

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Net recul de la consommation dans l’industrie

Selon le dernier comparatif gaz de GRTgaz, la demande en gaz naturel du secteur industriel est pour beaucoup dans le recul de la consommation nationale au premier trimestre. Dans la métallurgie, le gestionnaire du réseau de transport de gaz note une baisse de 15 % en rythme annuel.

L’industrie de la chimie affiche également des volumes de consommation bien en deçà de leur niveau du premier trimestre 2021, une période marquée par une forte reprise économique en Europe et dans le monde. Des producteurs d’ammoniac, élément indispensable des engrais chimiques, ont même interrompu leur production. Officiellement, ces arrêts techniques sont liés aux prix trop élevés du gaz, des factures que les industriels ne peuvent pas répercuter sur leur prix de vente.

La baisse de consommation affecte presque toute la filière industrielle française. Même les compagnies de raffinage de pétrole ont souffert de la crise de l’énergie en début d’année. Leur commande de gaz est 35 % inférieure à leur niveau de l’année dernière, à la même période. Les constructeurs automobiles, eux, ont en consommé 18 % en moins. Cet écart s’explique en grande partie par les baisses de production causées par la pénurie de composants électroniques et par la flambée des prix des matières premières. GRTgaz chiffre à -9 % le recul de la demande des clients industriels dans leur ensemble. Pour rappel, ces gros consommateurs représentent 28 % du volume acheminé en France.

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Une demande affaiblie par les prix et par la météo

Dans son rapport, GRTgaz n’attribue pas le ralentissement de la consommation à la seule envolée des prix. C’est évidemment le facteur principal évoqué par les analystes. D’autres paramètres ont également influencé les pratiques des consommateurs, dont la météo plus clémente entre janvier et avril.

Ces conditions météorologiques plus favorables ont diminué le besoin en gaz pour le chauffage du parc immobilier. Les difficultés d’approvisionnement liées à la guerre en Ukraine sont également en cause.

ImportantToutes ces variables ont conduit à une baisse de 8 % de la demande à l’échelle nationale durant le premier trimestre.

Ce recul atteint 10 % sur le seul mois de mars. La France a donc consommé 15 TWh en moins entre janvier et avril par rapport à la même période en 2021. En revanche, l’utilisation de gaz pour la production d’électricité a augmenté de 26 % pendant tout l’hiver. La faible disponibilité du parc nucléaire a obligé les gestionnaires du réseau à appeler les centrales à gaz, dont les turbines ont tourné à plein régime en début d’année.

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