Le prix du gaz continue de baisser sous l’effet des tentatives d’assurance russes

billet coincé dans le thermostat d’un radiateur

L’année 2021 aura été marquée par un bond spectaculaire du cours du gaz naturel à partir de l’été. De 19 euros environ en janvier, le mégawattheure du gaz s’est échangé à plus de 187 euros peu avant Noël. Depuis ce pic historique, les prix ont commencé à baisser à un rythme plus ou moins constant.

Entre janvier et décembre 2021, les prix du gaz ont quasiment décuplé. Cette forte inflation a entraîné une véritable crise énergétique, qui a obligé des entreprises à ralentir leur production, voire à interrompre leurs activités en attendant que les prix du marché se tassent. Plusieurs facteurs ont contribué à cette hausse incontrôlée, en tête desquels figurent les tensions géopolitiques entre la Russie, principal fournisseur européen, et l’Otan et ses alliés. La forte reprise économique et l’explosion du cours du carbone ont aussi alimenté cette flambée. Depuis les fêtes de fin d’année, la situation semble se stabiliser, entraînant une inversion de la courbe des prix.

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Vers un repli long terme du gaz ?

Le 21 décembre dernier, le gaz établit un nouveau record historique quand le TTF néerlandais s’échangeait à 187,7 euros le MWh à la mi-journée. Le comparatif gaz avancé par les analystes ont attribué ce pic historique aux fortes tensions en Ukraine, la Russie ayant amassé des milliers de soldats à sa frontière, laissant craindre une invasion imminente.

D’un autre côté, la Russie est aussi accusée de manipuler les cours en limitant volontairement ses livraisons de gaz à l’Union européenne. Selon les États de l’UE, l’appareil d’État russe, mené par le géant Gazprom, agissait ainsi pour accélérer la procédure de certification du gazoduc Nord Stream 2. Le président russe rejette ces accusations en bloc. Après Noël, les pressions sur le gaz russe semblent retomber, à en croire la trajectoire de l’indice de référence néerlandais. Le 28 décembre, le mégawattheure se négocie déjà à 103,90 euros, en recul de 2,8 % par rapport à la veille.

Cette baisse a continué jusqu’en début d’année, où le MWh est descendu au-dessous de 100 euros, avant de se stabiliser. L’évolution des prix du gaz ces derniers jours laisse entrevoir un possible renversement de la situation quand les facteurs haussiers en Ukraine se dissiperont. La partie russe semble agir en ce sens, en multipliant les messages rassurants concernant une reprise des exportations via le pipeline Yamal et via l’Ukraine, ainsi que :

  • La finalisation du gazoduc Nord Stream 2 ;
  • Le retrait des troupes à la frontière ukrainienne.
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Des prix qui restent très volatils

Malgré les efforts russes pour calmer le jeu, les marchés restent à l’affût du moindre signe de perturbation dans la chaîne d’approvisionnement. Ces facteurs peuvent être liés à l’amélioration ou la détérioration des relations diplomatiques entre la Russie et ses voisins européens. Ce qui est certain, c’est que l’entrée en service du nouveau gazoduc Nord Stream 2 enlèvera beaucoup de pression sur les prix du marché.

Or, le gouvernement allemand a déjà prévenu que la certification du pipeline sera finalisée au premier semestre 2022 au plus tard. Dans ces conditions, les cours du gaz resteront tributaires de l’évolution des livraisons qui transitent par l’Ukraine et par les gazoducs Yamal-Europe et Nord Stream 1. Le facteur météorologique pèsera aussi sur la balance : les prévisions de temps plus froid en début d’année ont stimulé la demande – et la conséquence sur les prix a été immédiate.

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