Les coûts élevés de l’énergie handicapent l’activité industrielle

ingénieur

La crise énergétique affecte tous les pays européens depuis le milieu de l’année 2021. Depuis novembre, la situation s’est aggravée, sur fond de baisse de livraisons de gaz russe et d’indisponibilité des centrales nucléaires. En France, la question énergétique commence à ralentir l’activité des industries qui consomment beaucoup d’électricité.

L’industrialisation d’un pays dépend énormément de sa capacité à subvenir aux besoins énergétiques de ses entreprises et activités stratégiques telles que la :

  • Métallurgie ;
  • Sidérurgie.

La France a toujours su sécuriser son approvisionnement en électricité depuis des décennies, grâce à un parc nucléaire érigé en référence dans le monde. Pourtant, le pays se retrouve en 2021 au centre de la crise énergétique qui frappe l’Europe, à cause :

  • Des problèmes de disponibilité de certains des sites nucléaires ;
  • D’une flambée historique du prix du gaz.

Obligées d’importer de l’électricité à des prix vertigineux, les industries françaises s’essoufflent et cela se ressent sur leur production.

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Un approvisionnement perturbé et des importations records

D’habitude, la France est un exportateur net d’électricité, en grande partie grâce à son parc nucléaire. L’approvisionnement du pays connaît toutefois des complications ces derniers mois, l’obligeant à importer une partie non négligeable de ses besoins dans un contexte d’inflation historique si l’on se base sur un comparateur gaz et électricité.

Durant la dernière semaine de décembre, la France a même importé plus de 12 GW d’électricité, du jamais vu dans son histoire. Cette situation exceptionnelle a des origines à la fois conjoncturelles et structurelles. Avec la crise énergétique qui dure depuis l’été dernier, les prix de l’électricité en Europe s’envolent, portés par les cours du gaz et du carbone. Cette flambée exacerbe les tensions sur les chaînes de production et sur la demande européenne.

Pour se protéger, la France a d’ores et déjà verrouillé la hausse du tarif réglementé du gaz à 4 % en 2022. Cette mesure représente une charge énorme sur le budget 2022 de l’État. L’exécutif estime toutefois que c’est un mal nécessaire pour préserver le pouvoir d’achat des Français durant cette période de crise. Comme si les prix élevés ne suffisaient pas, des problèmes techniques ont obligé EDF de mettre à l’arrêt quatre réacteurs à la mi-décembre. Fin décembre, 14 réacteurs sont à l’arrêt sur 56, une indisponibilité qui a fait bondir les importations d’électricité durant les fêtes de fin d’année.

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Des industries contraintes de réduire leur voilure

À cause de la demande croissante et des difficultés de la chaîne de production, l’électricité devient une denrée convoitée sur les marchés. Fin décembre, le mégawattheure à livrer en février se négocie à plus de 400 euros en France. Les prix commencent aussi à s’envoler en Grande-Bretagne et en Allemagne, des pays pourtant réputés pour leur grande maîtrise du secteur énergétique. Cette tendance inflationniste affecte sérieusement l’activité des grands consommateurs d’énergie, en tête desquels figurent les industriels de la métallurgie.

Aluminium Dunkerque, plus grand fondeur d’aluminium en Europe, a déjà annoncé la fermeture progressive de cuves pour faire face à l’augmentation des prix de l’énergie. L’usine a perdu jusqu’à 20 millions d’euros en novembre et décembre, à cause de la flambée des coûts de l’électricité. À Auby, dans le Nord, l’usine de zinc Nyrstar a décidé d’arrêter ses activités pendant au moins 2 mois. Pour le Comité de liaison des entreprises consommatrices d’électricité, d’autres industries pourraient faire de même cette année. Pour protéger les industriels, le CLEEE demande l’instauration d’un prix administré temporaire par le gouvernement, à défaut d’un relèvement du plafond de l’ARENH.

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