Le président ukrainien appelle les producteurs de gaz à contrer la domination russe

Station radar OTAN

La Russie assure 20 % de la production mondiale de gaz et en est également le plus gros exportateur. L’Union européenne est particulièrement dépendante des livraisons de gaz russe. Cela réduit sa marge de manœuvre dans le conflit ukrainien. Le président Zelensky croit avoir une solution : s’en remettre aux autres exportateurs de gaz.

En 2019, Novatek et Gazprom – les deux principales compagnies gazières de Russie – contrôlent 47,5 % du marché du gaz de l’Union européenne. Dans certains pays, comme l’Allemagne, le gaz russe représente plus de 60 % des achats énergétiques. Cette situation de quasi-monopole fragilise ces pays au moment de réagir à l’invasion de l’Ukraine par l’armée de Poutine. D’ailleurs, le président russe s’appuie sur cette faiblesse : il se sert du gaz pour faire pression sur les pays européens. Pour mettre fin à ce chantage, le président ukrainien exhorte les autres producteurs de gaz à réagir.

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Les États-Unis s’engagent à livrer plus de gaz en Europe

Le 9 mars, les États-Unis ont décrété un embargo sur le pétrole et le gaz russe. À la différence de l’Union européenne, le pays peut se permettre un tel geste, puisque les hydrocarbures représentent une partie négligeable de ses importations. Cette décision a provoqué une augmentation du tarif gaz en Europe et outre-Atlantique. Depuis, l’Europe cherche toujours à réduire l’emprise de la Russie sur ses achats énergétiques.

À l’issue d’une réunion des chefs d’État de l’UE, de l’OTAN et du G7, l’Europe a décidé d’augmenter les importations de GNL depuis les États-Unis. L’accord a été confirmé par l’administration Biden, qui s’est engagée à livrer 15 milliards de mètres cubes de GNL supplémentaires cette année. Les États-Unis conforteront donc leur leadership sur le marché du GNL en Europe, après avoir détrôné le Qatar en 2021.

L’année dernière, le pays de l’Oncle Sam a fourni 28 % du GNL importé par l’Europe, contre 22 % en 2020. Entre novembre et janvier, les livraisons américaines ont presque doublé et représentent 44 % des importations européennes. Cependant, la solution américaine, bien qu’appréciée, ne sera pas suffisante pour remplacer les 155 milliards de m³ de combustible bleu livré chaque année par la Russie. De plus, l’acheminement des 15 milliards de m³ supplémentaires représente un énorme défi logistique, alors que les chaînes d’approvisionnement mondiales sont déjà sous pression.

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L’appel du président ukrainien au Qatar

Conscient des limites du GNL américain, le président ukrainien appelle les autres grands producteurs de gaz à augmenter leurs exportations en Europe. Fin mars, lors d’une intervention par visioconférence au Forum de Doha, Volodymyr Zelensky a exhorté le Qatar et ses partenaires de la péninsule arabique de produire plus de GNL afin de limiter le pouvoir de nuisance de Poutine sur les décisions politiques de l’Union européenne et du reste du monde.

Il a souligné qu’aucun pays au monde ne sera à l’abri des perturbations provoquées par le conflit en Ukraine. Cette guerre impacte déjà l’approvisionnement alimentaire de plusieurs pays d’Asie et d’Afrique du Nord, l’Ukraine étant l’un des plus grands exportateurs de céréales au monde.

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