La France pourrait exporter une partie de sa production de gaz en Allemagne

comparatif gaz

Très exposée au gaz russe, l’Allemagne souffrira amplement si la Russie décide de fermer définitivement le robinet de ses gazoducs. La première puissance économique européenne réfléchit à plusieurs alternatives. L’une d’entre elles implique la France, qui serait prête à acheminer une partie de sa consommation de l’autre côté du Rhin.

Un temps écartée, l’hypothèse d’un arrêt total des livraisons de gaz russe redevient probable. L’Union européenne s’y prépare déjà, comme en témoigne l’accord signé le 26 juillet. Les Vingt-Sept ont convenu d’une diminution globale de 15 % de leur consommation de gaz cet hiver, afin de se protéger contre les perturbations de l’approvisionnement de la Russie.

Cette entente prévoit néanmoins des dérogations pour les pays qui redirigent une partie de leur production vers d’autres États. La France profite de cette exception pour limiter son objectif de réduction à 7 %. En contrepartie, elle se prépare à acheminer d’importants volumes de gaz en Allemagne.

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Des volumes prélevés sur le surplus de consommation

En 2021, la consommation de gaz de la France s’élève à 474 TWh selon le comparatif gaz du gestionnaire du réseau. Avec ce volume, l’Hexagone ne figure même pas dans le top 10 des plus grands consommateurs de gaz au monde, ce qui n’est pas le cas de l’Allemagne. Pourtant, la France croit pouvoir combler une partie des besoins en combustible bleu de son voisin d’outre-Rhin, en cas d’arrêt des livraisons russes.

Cela implique une inversion du flux de gaz entre les deux pays, lequel est dirigé habituellement d’est en ouest. Ces « exportations » seront possibles grâce au taux de remplissage élevé des stockages de la France. D’après la ministre de la Transition énergétique, les réserves stratégiques de gaz sont actuellement remplies à 75 %, soit bien au-delà des 52 % demandés par la Commission européenne au 1er août.

Le gouvernement prévoit de reconstituer ces stocks à 100 % avant le 1er novembre.

ImportantAgnès Pannier-Runacher précise aussi que les volumes acheminés en Allemagne ne proviennent pas des stocks utilisés pour la consommation française.

Le pays peut toujours exploiter les molécules importées depuis la Norvège et depuis ses propres terminaux méthaniers. La ministre affirme que l’Hexagone peut passer l’hiver 2022, même si la Russie décide de couper immédiatement ses livraisons. Ce scénario implique toutefois des efforts de sobriété des :

  • Administrations ;
  • Collectivités ;
  • Consommateurs ;
  • Entreprises.

Le gouvernement entend justement encourager tous les consommateurs à réduire leur consommation, afin de diminuer de 10 % la consommation de gaz à l’horizon 2024.

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Des ajustements nécessaires sur l’interconnexion avec l’Allemagne

Toujours selon Agnès Pannier-Runacher, les transferts de gaz vers l’Allemagne pourraient atteindre 130 GWh par jour pendant l’hiver. Cela correspond à :

  • 2 % de la consommation allemande ;
  • 5 % de la consommation française.

L’acheminement du gaz outre-Rhin, s’il a lieu, s’effectuera via l’interconnexion terrestre entre les deux pays. Ce réseau devrait être encore remis en fonction. Un tel chantier prendra quelques mois, compte tenu des ajustements légaux et techniques à effectuer. En effet, le gaz odorisé du réseau français n’est pas autorisé en Allemagne.

Il convient de savoir que l’installation d’une station de désodorisation au niveau de l’interconnexion nécessite 18 mois, au moins. Les autorités allemandes pourraient toutefois assouplir leurs règles internes pour injecter du gaz odorisé sur leur réseau le plus rapidement possible.

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