La flambée des prix sème le trouble sur le marché de l’électricité

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En France, les ménages abonnés aux tarifs réglementés de vente d’EDF bénéficient du bouclier tarifaire exceptionnel mis en place par le gouvernement. Pour ces « privilégiés », la hausse de la facture d’électricité ne dépasse pas 4 %. En revanche, pour les autres, l’envolée des prix pèse de plus en plus lourd sur le portefeuille.

Dire que le marché européen de l’énergie est en surchauffe est un doux euphémisme. En réalité, les marchés de gros de l’électron affichent des prix surréels ces dernières semaines. De 85 euros l’été dernier, le mégawattheure livrable début 2023 se négocie autour de 1000 euros en France. Et les experts craignent que les prix aillent encore gonfler d’ici début de l’hiver. Ces prévisions alarmistes inquiètent les consommateurs et les fournisseurs alternatifs, qui s’approvisionnent aussi sur les marchés de gros. Pour éviter la catastrophe, les campagnes de sensibilisation autour de la sobriété et de l’efficacité énergétique s’intensifient.

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Des consommateurs invités à souscrire une offre réglementée

La libéralisation du marché français de l’électricité est effective depuis 2007. Néanmoins, une majeure partie des particuliers est toujours abonnée aux tarifs réglementés d’EDF, qui propose un prix du kwh nettement inférieur aux tarifs du marché.

En 2020, quand les fournisseurs alternatifs faisaient miroiter des offres assorties de prix compétitifs, plusieurs ménages ont abandonné le TRV au profit de ces contrats plus flexibles. Ces derniers mois, on observe de plus en plus de résiliations et de changements d’abonnement, à cause de l’envolée des prix sur les offres de marché. Pis, les fournisseurs alternatifs encouragent eux-mêmes ces retours dans le giron d’EDF. Chez Mint Énergie, tous les clients ont reçu une invitation à passer au tarif réglementé de l’opérateur historique. Selon le fournisseur alternatif, cette solution fera économiser jusqu’à 1 221 euros par an à ses abonnés.

Si tous les clients ayant quitté le TRV suivent cette recommandation, ce ne seront pas moins de 12,1 millions de familles qui pourraient revenir gonfler les abonnés d’EDF dans les prochains mois. Ce scénario met la pression sur l’opérateur historique, mais surtout sur le gouvernement. Depuis le début de la crise de l’énergie, l’État français a dépensé au moins 44,7 milliards d’euros, sous forme de réduction à la pompe, de chèques énergie et de bouclier tarifaire sur le gaz et l’électricité. Cette dernière mesure devrait disparaître à la fin de l’année, sauf si le gouvernement change d’avis. En attendant de trouver une solution concrète, le président appelle les ménages à réduire leur consommation et prôner la sobriété énergétique.

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Des aides proportionnelles aux prix records

Jusqu’à fin août, les pays européens ont débloqué 236 milliards d’euros pour aider les populations face à l’inflation des prix de l’énergie. Ce montant pourrait encore gonfler dans les prochains mois, compte tenu de l’évolution du marché. Au Royaume-Uni, les ménages subiront une augmentation tarifaire de l’ordre de 80 % à partir d’octobre. En France, les fournisseurs alternatifs comme Mint Énergie annoncent une hausse probable de 44 % à partir du 1er octobre.

Les autres opérateurs, comme Barry et Bulb, préfèrent se retirer du marché. Leurs finances ne peuvent pas suivre face aux prix exorbitants sur le marché de gros. Et la situation pourrait encore empirer. L’embargo des Européens sur les hydrocarbures russes, la menace d’une rupture unilatérale des livraisons et la faible disponibilité des réacteurs nucléaires français maintiennent la pression sur les prix de l’électricité.

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