Électricité : l’option Tempo d’EDF est-elle une bonne affaire ?

EDF_tempo

Base, heures creuses, Tempo... Quelle option choisir pour faire de vraies économies à l’année ? Si cette dernière semble être la solution la plus efficace pour réduire la tension sur le réseau selon le gouvernement, l’est-elle également pour réduire la facture des consommateurs ? Rien n’est moins sûr.

Tandis que l’hiver s’annonce rude pour le porte-monnaie des Français, le gouvernement envisage déjà le pire concernant de possibles coupures d’énergie. Pour éviter un risque de pénurie, il mise en partie sur le développement de l'offre Tempo, déjà proposée par EDF. Cette option permet notamment au client de bénéficier de tarifs avantageux s'il consomme moins d’électricité lors des pics.

Le ministère de la Transition énergétique souhaite relancer et déployer une offre similaire au produit EDF Tempo. Des discussions ont justement eu lieu jeudi 1er septembre, pour clarifier les modalités de la future offre d'effacement tarifaire proposée par EDF et les fournisseurs alternatifs. Elle devrait être dévoilée dès la fin du mois de septembre.

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Les modalités de l'offre Tempo

Le principe de l'offre Tempo proposée par EDF repose sur le fait que les tarifs de l'électricité varient durant l’année. Ils sont déterminés en fonction de 3 jours types : bleu (300 jours), blanc (43 jours) et rouge (22 jours). En période de jours bleus, le coût du kilowattheure (KwH) est plus avantageux. À l’inverse, pour les jours dits rouges, le prix du KwH est trois fois plus élevé que celui des tarifs réglementés.

Ainsi, pour profiter de tarifs attractifs pendant 300 jours par an, il faut consentir à réduire sa consommation électrique pendant 22 jours, lors de pics. Ces derniers ont lieu généralement les soirs d’hiver entre 18h et 22h, lorsque les Français allument de manière simultanée leurs chauffages, éclairages et autres appareils électriques. Afin de diminuer, voire couper leur consommation en jour rouge, les clients sont prévenus la veille du pic.

À noter que l’offre Tempo ne s’adresse pas à tout le monde. Pour pouvoir y souscrire, il faut avoir : un compteur Linky communicant, un contrat d'électricité d'une puissance minimum de 9kVA, ainsi qu’un mode de chauffage alternatif (poêle au bois, insert...). Enfin, il faut être prêt à diminuer ses consommations électriques lors des jours dits « rouge ».

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Une offre assez contraignante pour le consommateur

Si cette option peut être efficace, elle nécessite d’être vigilant. « C'est dur les premiers temps, c'est sûr, mais une fois qu'on est bien discipliné et qu'on fait attention à ce que tous les appareils soient débranchés, c'est rentable », explique à Franceinfo un souscripteur de l’offre Tempo.

Par ailleurs, si l’on dépend du réseau électrique pour se chauffer, cela devient vite problématique. Il faut soit trouver un moyen alternatif, ce qui peut coûter cher vu le prix des granules ou du bois qui s'est aussi envolé, soit accumuler les couches et se couvrir chaudement chez soi. « Ce qui est très contraignant, c'est lorsqu'il y a cinq jours d'affilée, ça veut dire pas du tout de chauffage puisque que nous avons du chauffage électrique. On se chauffe uniquement avec un appareil à pétrole et ça nous oblige à nous limiter à l'utilisation de deux pièces dans la maison », témoigne une autre cliente de Tempo.

Selon François Carlier, directeur général de la CLCV « l'effacement tarifaire n'a jamais fonctionné nulle part, même pas aux Etats-Unis car il est plus adapté aux professionnels qu'aux particuliers ». Pour réaliser de vraies économies à l’année, il faut être capable « de réduire sa consommation vite et bien, donc d'être très averti de la situation du secteur et très réactif. Un seul jour rouge où le chauffage électrique fonctionne normalement et la facture explosera », souligne-t-il.

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