Le lent redémarrage du nucléaire augmente la probabilité de délestages en janvier

Blackout ville, électricité coupée, crise énergétique ou panne de courant, image conceptuelle.

Sur le papier, la France est le pays le mieux armé contre l'inflation des prix de l'électricité. L'essentiel de sa production provient en effet de son parc nucléaire, le plus grand en Europe. Pourtant, le pays subit également le choc énergétique et pourrait même organiser des coupures tournantes en janvier.

Contrairement à ses voisins européens, la France a décidé de miser sur le nucléaire pour accélérer sa transition énergétique. Cette décision semble paradoxale, sachant que le parc français est constitué en majorité de réacteurs anciens, âgés de quatre décennies ou plus. D'ailleurs, la production d'électricité d'origine atomique en France vient de passer une année 2022 compliquée, entre les arrêts décidés après :

  • La découverte de corrosion dans les conduits de refroidissement ;
  • Le rattrapage des visites décennales annulées durant l'épidémie de Covid.

Les problèmes de disponibilité du parc nucléaire français ne seront pas complètement résolus avant fin février. Ce lent rétablissement inquiète le gestionnaire du réseau.

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Des tensions allégées par une baisse de consommation

La production électrique du parc nucléaire français est loin de ses standards historiques durant ces deux dernières années, selon une simulation consommation électricité de RTE et d'EDF. Même si l'opérateur des réacteurs a promis de récupérer le maximum de capacité d'ici la fin de l'hiver, la situation reste tendue. D'abord optimiste, le gestionnaire du réseau se soumet à l'idée que l'électron d'origine nucléaire sera encore rare dans les prochains mois.

ImportantLes dernières prévisions de RTE évoquent notamment les retards dans la relance des réacteurs mis à l'arrêt pour maintenance ,

Visite décennale ou pour les réparations des corrosions qui affectent les conduits de refroidissement secondaire. Ces décalages obligent EDF à revoir à la baisse ses prévisions de production cette année.

Fin janvier, la France disposera d' environ 40 GW de capacité nucléaire – sur un total de 63 GW, soit 3 à 4 gigawatts de moins que les précédentes estimations de RTE. Bien entendu, ces complications arrivent au pire moment de l'année, quand les besoins en électricité et en chauffage sont les plus élevés.

En temps normal, ce déficit de production pénalise fortement le réseau électrique français, très dépendant de l'apport des centrales nucléaires. Seulement, le choc a été amorti en partie « grâce » à la baisse de la consommation d'électricité au niveau national. Toutefois, cette diminution n'est pas le fruit des efforts d'économies d'énergie des consommateurs.

ImportantElle résulte plutôt des ralentissements et des arrêts d'activité observés dans le secteur industriel... à cause de la flambée des prix de l'énergie.

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Un risque élevé de délestages tournants en janvier

Le recul de la consommation en septembre et en octobre pourrait-il durer ? RTE préfère attendre l'évolution de la situation pour répondre à cette question.

ImportantEn revanche, le gestionnaire estime toujours que des coupures de courant volontaires seront presque inévitables en janvier.

Ces délestages tournants seront décidés en cas d'alerte rouge sur le dispositif EcoWatt.

Ce signal est activé quand la production électrique du lendemain ne peut pas couvrir les besoins de tous les consommateurs. Enedis aura la charge de procéder aux délestages tournants par blocs de 200 000 ménages. Ces coupures pourraient être évitées si les entreprises et les particuliers réagissent au signal EcoWatt rouge en diminuant fortement leur consommation. Enfin, la survenue de ces délestages dépend aussi en partie des conditions climatiques en janvier.

À retenir
  • Le lent rétablissement du nucléaire augmente le risque de délestage en janvier.
  • Le gestionnaire du réseau déclenchera les délestages tournants en cas d’alerte rouge sur le dispositif EcoWatt.
  • La baisse de la consommation d’électricité observée actuellement est due en grande partie aux ralentissements et aux arrêts d’activité dans le secteur industriel.
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