Les mouvements sociaux des salariés impactent aussi le prix de l'énergie

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Ces derniers mois, les consommateurs européens subissent une augmentation incontrôlée des prix du gaz et de l'électricité, à cause de la guerre en Ukraine, de la reprise post-Covid et des perturbations dans la chaîne d'approvisionnement. Dernièrement, les grèves dans le secteur de l'énergie se sont ajoutées à ces facteurs haussiers.

Mécontente des sanctions occidentales visant ses industries financières, technologiques et militaires, la Russie répond en réduisant ses livraisons de gaz en Europe. Certains pays, tels que le Danemark et les Pays-Bas, se voient même privés du précieux combustible extrait depuis les profondeurs de la Sibérie.

Ces mesures de rétorsion aggravent la situation de pénurie sur les marchés de gros et pèsent directement sur la facture finale des ménages. Dans ce contexte déjà difficile, les mouvements sociaux au sein des groupes énergétiques risquent d'ajouter de l'huile sur le feu. En France et dans d'autres pays européens, les appels à la grève des syndicats de l'énergie inquiètent les observateurs.

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Une mobilisation générale pour peser dans les négociations salariales

Les fédérations syndicales des IEG ont appelé à une mobilisation générale le 28 juin dernier, dans le cadre des négociations de hausses de salaire avec les employeurs. Ces grèves ont perturbé le fonctionnement de quelques centrales nucléaires au cours de cette journée. EDF confirme notamment une limitation de production pour les réacteurs Bugey 1, Paluel 1 et dans la centrale de Martigues. Un délégué syndical au sein du groupe estime que le mouvement social a entraîné une baisse de production supérieure à 3000 MW, en se basant sur la simulation consommation électricité et production du mardi 28 juin.

Chez Engie, la direction rapporte un taux de mobilisation de 20 %, qui a eu un impact sur le rythme de remplissage des réserves souterraines. L'énergéticien assure toutefois que les navires-méthaniers continuent toujours de décharger leur marchandise sur les terminaux et l'injection dans les stockages se poursuit. Pour les syndicats, ces mouvements étaient nécessaires pour convaincre les employeurs d' accorder une augmentation salariale d'au moins 5 %, en raison d'une perte du pouvoir d'achat estimée à -15 % au cours de la dernière décennie.

Ces exigences sont encore loin des propositions du patronat, qui avance une revalorisation de 0,7 %. En attendant le dénouement de ce bras de fer, les prix de l'électricité ont grimpé à 470 euros/MWh sur le marché de gros lors de la journée de mobilisation.

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Turbulences en vue depuis la mer du Nord

Les syndicats de l'énergie français ne sont pas les seuls à se mobiliser. Ces mouvements font des émules en Europe, surtout dans les grands pays producteurs d'énergie comme la Norvège. Prenant ainsi modèle sur ses homologues européens, le syndicat Lederne a commencé une grève dans le secteur du gaz le 5 juillet.

Pour les représentants de Lederne, les producteurs norvégiens doivent redistribuer équitablement les bénéfices record tirés de la hausse des prix du gaz et de la forte demande mondiale. Le lock-out décidé par le puissant syndicat a déjà entraîné l'arrêt de trois petits champs gaziers et pétroliers en mer du Nord.

L'organisation patronale craint que cette grève s'étende vers d'autres gisements plus importants, comme ceux de Sleipner et Gullfaks A et C. Dans ce scénario catastrophe, la Norvège serait dans l'obligation d'interrompre 56 % de ses livraisons. Pour éviter ce désastre – au moment même où le pays devient la principale alternative à la Russie pour l'UE –, le gouvernement est intervenu. L’État a mis fin à la mobilisation et ordonné aux grévistes et à leurs employeurs de régler leur différend devant une instance indépendante.

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