La hausse des factures électriques des ménages en 2023 semble inévitable

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Sans les mesures drastiques du bouclier tarifaire mis en place par le gouvernement, les factures d’électricité des Français auraient pu atteindre des sommets depuis le 1er février. Au lieu de ça, la hausse a été limitée à 4 %. La possibilité d’une explosion des dépenses électriques des ménages en 2023 reste présente malgré tout.

À l’automne 2021, Jean Castex a promis de plafonner l’augmentation du tarif de vente de l’électricité à 4 %, en réaction à l’explosion du prix de l’électron sur les marchés à terme. Pour réaliser cette promesse, le gouvernement a abaissé la taxe TICFE et imposé un relèvement de 20 % du plafond de l’Arenh.

Les décrets d’application du bouclier tarifaire précisent qu’il s’agit de mesures temporaires destinées à préserver le pouvoir d’achat des ménages. Des mécanismes de rattrapage sur le prix de l’électricité pourraient être activés dès 2023. Même sans ceux-ci, les factures électriques risquent de grimper en flèche.

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Le casse-tête du plafond de l’Arenh en 2023

Sans les solutions d’urgence déployées par le gouvernement Castex, la facture des Français aurait pu s’envoler de 35 % cette année, sur la base d’une estimation consommation électrique comparable à celle de 2021. Au lieu de cela, la hausse du tarif bleu a été limitée à 4 %. Selon certains observateurs, le relèvement du plafond de l’Arenh a été particulièrement bénéfique pour les consommateurs. Cette décision a permis aux fournisseurs alternatifs de réduire les achats sur les marchés à terme, où le MW se négocie autour de 200 euros – après avoir dépassé 400 euros durant la période de Noël.

Pourtant, les acteurs de l’énergie estiment que l’augmentation du plafond de l’Arenh 2022 est encore insuffisante. L’exécutif l’a relevé de « seulement » 20 %, alors que la loi permet une augmentation pouvant atteindre 50 %. Une majorité de voix se dit ainsi favorable à une nouvelle modification des limites du dispositif en 2023, afin d’éviter une flambée des factures d’électricité des abonnés d’EDF et ceux des fournisseurs alternatifs.

Cette perspective ne réjouit pas vraiment EDF, dont les finances sont déjà affectées par les mesures imposées par l’État. Selon ses estimations, le bouclier tarifaire génère un impact négatif de près de 11 milliards d’euros sur son Ebitda de 2022. On est loin des 8 milliards d’euros annoncés par le ministère de l’Économie en janvier. Devant ces chiffres inquiétants, les syndicats de l’entreprise contestent les nouveaux quotas Arenh devant la Commission européenne et le Conseil d’État. Dans ces conditions, un autre relèvement du plafond s’annonce compliqué.

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Une hausse inévitable des factures d’électricité

L’Arenh n’est pas le seul levier déterminant dans le blocage des prix de l’électron. L’abaissement de la TICFE à son plus faible niveau a aussi pesé de tout son poids. Le prochain gouvernement pourrait aussi maintenir la taxe à son montant plancher. Cette mesure compensera en partie l’impact des prix élevés des deux dernières années dans le calcul du Tarif réglementé de vente de 2023.

Cependant, tous les mécanismes activés par l’exécutif ne pourront pas empêcher la hausse des factures d’électricité l’année prochaine. L’ajout d’une composante de rattrapage sur le Tarif bleu, pour compenser les pertes subies par les fournisseurs, entraînerait une hausse de 7,4 % en février. Même sans ce rattrapage encore incertain, l’incertitude autour du conflit ukrainien, la faible disponibilité de l’électricité nucléaire et la forte volatilité du gaz naturel sont autant de facteurs susceptibles de peser sur les factures électriques des Français l’année prochaine.

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