Les prix de gros de l’énergie atteignent de nouveaux records fin novembre

taux de rendement énergétique

Le monde traverse depuis l’été dernier une « crise de l’énergie », qui se traduit par une augmentation rapide des prix de l’électricité, du gaz et du pétrole sur le marché. Fin novembre, les tarifs de gros de ces sources culminent à des niveaux records. Des facteurs politiques et structurels expliquent cette forte volatilité.

La loi de l’offre et de la demande régit plus que jamais les cours du gaz et de l’électricité ces derniers mois. Pris de court par la forte reprise économique post-Covid, les producteurs peinent à suivre la cadence. Du coup, les quantités livrables sur le marché se font rares et les prix s’envolent en toute logique.

Cette flambée des prix inquiète à la fois les distributeurs et les dirigeants politiques, qui cherchent un moyen de la ralentir ou, mieux, d’inverser la tendance. Ces préoccupations sont d’autant plus fondées que certains observateurs craignent que la hausse dure longtemps.

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Parc nucléaire au ralenti et thermosensibilité

En temps normal, les centrales nucléaires d’EDF assurent 70 % de la production française, selon une estimation consommation électrique de RTE. Ces infrastructures ne remplissent pas vraiment ce quota actuellement, à cause d’un calendrier de maintenance chamboulé par les confinements successifs et les restrictions causées par la crise sanitaire. Sur les 56 réacteurs du parc nucléaire français, 13 se trouvent à l’arrêt, pour cause de visites de contrôle approfondi ou pour rechargement de combustible fissile.

Le gestionnaire du réseau avertit même que le taux de disponibilité de l’électricité nucléaire descendra à un niveau encore plus bas en janvier et en février. RTE appelle donc les dirigeants et toute la population à une « vigilance particulière » face au risque d’insécurité sur l’alimentation en électricité cet hiver. Ses prévisions sont loin d’être exagérées, connaissant la forte dépendance à l’électricité des ménages durant la saison du froid. Plus d’un tiers des foyers français possèdent en effet des radiateurs électriques.

Le choix de cette solution s’explique en grande partie par les prix historiquement abordables de l’électricité nucléaire. Pour cette raison, les épisodes de froid qui touchent la France entraînent toujours des pics de consommation, un phénomène appelé « thermosensibilité » par le gestionnaire du réseau. En hiver, chaque degré en moins contraint RTE à demander 2 400 MW de capacités en plus, à cause d’une augmentation des besoins en chauffage. Cette production supplémentaire provient souvent des centrales thermiques (au charbon ou à gaz) situées en Allemagne.

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Des prix soutenus par l’appréciation du carbone

Les pics de consommation annoncés cet hiver devraient entraîner une nouvelle flambée des cours du gaz et de l’électricité sur le marché de gros. Or, ces ressources énergétiques se négocient déjà à des prix records fin novembre. Le 25 novembre dernier, le MWh d’électricité coûte 375 euros lors de la pointe de 18 heures, un niveau jamais observé depuis neuf ans.

Ces tarifs exorbitants sont étroitement liés au cours du gaz, qui plafonne à plus de 93 euros/MWh depuis quelques semaines. Pis, les prix du gaz ont plus que quadruplé depuis le début de l’année. Au même moment, le prix du carbone sur l’ETS franchit la marque des 75 euros/tonne.

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