La cohabitation s’annonce difficile pour les parcs éoliens et les zones de protection spéciale pour l’avifaune

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La cohabitation s’annonce difficile pour les parcs éoliens et les zones de protection spéciale pour l’avifaune. Du moins, si l’on se réfère au cas d’EDF Renouvelables faisant l’objet d’une poursuite judiciaire suite à la mort de nombreux faucons crécerellettes causée par les pales de ses éoliennes installées dans les parages d’une des dernières grandes réserves de biodiversité de la plaine de l’Hérault.

Que ce soit à travers les médias, les réseaux sociaux voire même à via un site comparateur électricité, force est de constater que dernièrement, EDF a suscité une attention particulière auprès des Français.

Simplement parce qu’aux dernières nouvelles, la branche dédiée à l’énergie verte de ce fournisseur a fait l’objet d’un procès que l’on pourrait qualifier d’extraordinaire dans l’optique où celle-ci est poursuivie pour la mort de dizaines de faucons crécerellettes.

Un cas peu commun qui, cette fois, a fait pencher la balance en la faveur de cette espèce menacée et protégée dans la zone de protection spéciale située sur le causse d’Aumelas.

Des espèces menacées encore plus menacées

Dans la plaine de l’Hérault, sur le causse d’Aumelas, c’est dans zone située à l’ouest de Montpellier qu’EDF Renouvelables, à travers différentes filiales a jeté son dévolu pour l’installation de 31 éoliennes.

Ce qui serait une bonne pour la transition énergétique, sauf qu’il y a un hic, le secteur renferme plusieurs « zones de protection spéciale pour l’avifaune ». En effet, tout indique que cet endroit abrite une espèce menacée de disparition selon un naturaliste spécialiste des rapaces y découvrant en 2002 une colonie de faucons crécerellettes du nom scientifique « Falco naumanni ».

Tout cela pour en venir au fait que depuis l’arrivée de ces parcs, ces espèces menacées sont loin d’être à l’abri pour la simple raison que les pales de ces éoliennes sont à l’origine de leur mort prématurée selon la protection des oiseaux (LPO) de l’Hérault, l’organisme en charge du suivi de mortalité obligatoire sur tous les parcs éoliens découvrant :

  • Deux cadavres de faucons crécerellettes au pied des mâts en 2011 ;
  • Trois de plus en 2012 ;
  • Cinq en 2013 ;
  • Quatre en 2014 comme en 2015 ;
  • Sept en 2016.

Et la liste est longue, mais le naturaliste spécialiste des rapaces Alain Ravayrol s’accorde à dire que :

Il faut au minimum multiplier par trois ou quatre la mortalité observée.

Alain Ravayrol

Ce, en précisant que :

Ces éoliennes flinguent des busards cendrés, des martinets, des martins-pêcheurs et des passereaux.

Les faucons en emporté une bataille

Face à cette hausse de la mortalité de ces rapaces, des actions en justice ont été menées par la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) Occitanie en 2019 se fixant comme objectif d’obtenir une mise en demeure immédiate d’EDF Renouvelables.

Mais il aurait fallu attendre jusqu’en début mars 2021 pour obtenir un résultat concret du côté de la cour d’appel de Versailles considérant que :

La destruction d’un seul spécimen d’une espèce animale non domestique protégée (art. L.411-1°, du Code de l’environnement) est susceptible de constituer une infraction pénale.

La raison expliquant sa décision de pénaliser le fournisseur à une amende de 3 500 euros à France Nature Environnement (FNE) en Languedoc-Roussillon. Ce, en précisant que cette branche d’EDF est juridiquement en faute en l’absence d’une dérogation à la destruction d’espèces protégées (DEP).

Une bataille de remportée pour les faucons, mais également pour l’ensemble de la biodiversité en notant que cet aboutissement pourrait servir de déclic auprès des autres parcs à risques.

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