La crise de l’énergie profite aux géants comme Shell et TotalEnergies

Shell

Perturbée par la pandémie, la chaîne de production et d’approvisionnement en gaz naturel liquéfié a du mal à suivre le retour de la demande mondiale cet été. Cela entraîne sans surprise une hausse galopante des prix sur les marchés. Cette inflation, préjudiciable aux consommateurs, fait les affaires des industriels de l’énergie.

Les marchés du gaz, de la même manière que tout autre secteur d’activité, répondent à la loi de l’offre et la demande. Quand les volumes disponibles à la livraison ne comblent pas les besoins, les prix s’envolent naturellement. En revanche, en cas de stocks excessifs ou de surproduction, les compagnies n’ont d’autre choix que de brader leurs combustibles.

Dans un contexte de reprise rapide de l’économie mondiale, les marchés subissent une pénurie de gaz depuis l’été. Selon les prévisions du cabinet Jefferies, la situation ne devrait pas se stabiliser avant la fin de l’hiver 2022, lorsque la production retrouvera une cadence « normale ».

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Une production mondiale toujours sous pression

La flambée des prix du gaz, évident à la lumière d’un comparatif gaz sur les différents marchés, trouve plusieurs explications. D’après l’Agence internationale de l’énergie, une partie de cette augmentation inquiétante résulte des limitations volontaires appliquées par la Russie sur ses exportations européennes.

L’AIE, appuyée par plusieurs pays d’Europe et par les États-Unis, estime que la Russie réduit expressément ses volumes afin de favoriser le déploiement du gazoduc Nord Stream 2, un projet censé optimiser le transfert de gaz vers l’UE et l’Allemagne en passant par la Baltique. Ce gazoduc devrait entrer en fonction dans les prochaines semaines, malgré les réticences de plusieurs pays et organisations de l’UE.

Pour contester la domination russe sur le marché mondial du gaz, les États-Unis accélèrent la construction de nouvelles unités de production de GNL. Ces infrastructures résoudraient en partie les problèmes de volatilité du gaz. Cependant, elles ne seront pleinement opérationnelles qu’à partir de 2022 ou 2023. L’entrée en service de ces unités de production fera baisser légèrement les prix, selon les analystes d’UBS. Toutefois, les cours mondiaux se maintiendront à des niveaux élevés pendant plusieurs mois. Cette situation profitera surtout aux géants de l’industrie du pétrole, tels que Shell et TotalEnergies, très présents sur le marché du GNL, et les compagnies OMV et Equinor.

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Des résultats proches des records de 2014

Selon les chiffres du cabinet Jefferies, le groupe TotalEnergies enregistre un bénéfice net ajusté de 4,8 milliards de dollars au troisième trimestre 2021.

Important Autrement dit, le géant français a vu son résultat net multiplié par cinq par rapport au troisième trimestre de l’année dernière.

Cela représente un bond considérable, compte tenu de la situation économique de l’année précédente. Surtout, cette évolution montre le bon positionnement de TotalEnergies sur les marchés du GNL.

Les analystes de Jefferies notent de fortes ressemblances avec la courbe des profits de TotalEnergies et celle de Shell, le numéro un mondial des compagnies privées de GNL. L’entreprise anglo-néerlandaise a quasiment triplé les bénéfices de sa branche spécialisée dans le gaz naturel au troisième trimestre. Selon son PDG, Patrick Pouyanné, cette belle dynamique est en grande partie liée à l’explosion de la demande chinoise, laquelle a bondi de 35 % au troisième trimestre par rapport à 2019.

Le groupe norvégien Equinor a aussi bénéficié de cette inflation exceptionnelle, tout comme les autres majors pétrogazières. Les analystes d’UBS estiment que les profits engrangés par ces compagnies s’approchent d’un niveau comparable à celui du troisième trimestre 2014, quand les cours du GNL et du pétrole atteignaient un pic historique.

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