L’Arabie Saoudite va récupérer les CO2 rejetés par le gaz qu’elle produit

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La Corée du Sud, à travers la Hyundai Oilbank, s’approvisionnera désormais en gaz naturel auprès de l’Arabie Saoudite, représentée par Saudi Aramco. Cet accord bilatéral a fait naître une entente pour le moins insolite entre les deux pays. En effet, l’Arabie Saoudite s’apprête à récupérer les CO2 issus du gaz qu’elle exporte.

Transport maritime du CO2

Dans le cadre de ce contrat, l’Arabie Saoudite va fournir du gaz naturel liquéfié à la Corée du Sud. Le combustible sera expédié par voie maritime. Le GNL sera utilisé pour produire de l’hydrogène destiné à l’usage des véhicules et des usines.

Important Le fournisseur de gaz saoudien assurera également la récupération du CO2 dégagé au cours de ce processus de transformation. Ce sous-produit sera réexpédié pour être injecté dans ses puits de pétrole.

Cet accord inédit soulève bien d’interrogations. Pourquoi l’Arabie Saoudite ne transforme-t-elle pas elle-même son gaz naturel en hydrogène, pour le commercialiser ensuite à la Corée du Sud ? Cela éviterait bien d’allers et retours.

Selon les explications, le transport de l’hydrogène est très complexe. Les contraintes en matière de pressions et de températures de stockage de ce combustible sont très élevées.

Pour permettre les futurs échanges, la filiale de construction navale de l’entreprise sud-coréenne mettra au point un navire pouvant assurer le transport de ces deux types de combustibles.

Grâce à cet accord, la Corée du Sud peut qualifier l’hydrogène qu’elle produit de « bleu ». Les émissions de CO2 pouvant être considérées comme nulles.

L’Arabie Saoudite gagne pour sa part un sous-produit valorisable dans l’exploitation de ses puits de pétrole. En effet, l’injection de dioxyde de carbone facilite l’extraction des hydrocarbures.

Réflexions sur le futur du marché de la pollution

Depuis des années, les pays développés ont privilégié la délocalisation de la pollution. Les déchets de leurs industries sont souvent récupérés par les pays en voie de développement, où les exigences sanitaires et environnementales sont peu respectées.

ImportantLe marché du CO2 se traduisait par des ventes de quota carbone sur les marketplaces. Les transactions étaient purement fictives.

Ce nouveau deal laisse entrevoir la possibilité d’un aspect physique du marché de la pollution. Il ouvre la voie à un mode de commercialisation du CO2, le traitant comme toutes les autres matières premières.

Reste à savoir si les citoyens saoudiens approuveront l’idée de réinjecter dans leur sous-sol le produit polluant de leur industrie pétrolière.

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