L’inquiétude monte en Espagne au sujet du gaz algérien

réservoirs de stockage gaz

Début décembre, les médias espagnols ont diffusé un communiqué de la société Enagas annonçant une baisse de débit d’arrivée du gaz pendant trois jours. Cette information suscite l’inquiétude chez les consommateurs locaux, qui craignent un arrêt d’approvisionnement en plein hiver. Les politiques espagnols et les fournisseurs algériens écartent cette possibilité.

L’Union européenne importe une grande partie de ses besoins énergétiques, surtout les combustibles fossiles tels que le pétrole et le gaz. Pour le GNL, environ 40 % des importations proviennent de la Russie. Le gaz russe est utilisé principalement par l’Allemagne et les pays d’Europe du Nord et du centre.

Les pays du sud de l’Europe s’appuient sur d’autres fournisseurs. C’est le cas de l’Espagne, qui achète l’essentiel de ses besoins en gaz auprès de l’Algérie et des autres producteurs du Maghreb. Cette stratégie entraîne une situation de dépendance qui n’est pas sans risque sur la sécurité d’approvisionnement en gaz du pays.

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Les exportations algériennes plombées par la consommation intérieure

Longtemps au coude à coude avec les pays du Golfe et la Lybie sur le marché international du gaz, l’Algérie perd progressivement son statut de grand exportateur. En cause, ses besoins énergétiques intérieurs n’ont de cesse d’augmenter, poussés par une croissance démographique soutenue. Cette augmentation constante sur l’estimation consommation gaz déséquilibre le budget du pays, financé en grande partie par la rente pétrolière et gazière.

Le pétrole et le gaz représentent en effet 95 % des exportations de l’Algérie. Même si les cours de l’énergie titillent des sommets ces derniers mois, leur prix reste insuffisant pour combler l’énorme déficit causé par la baisse des exportations algériennes. Depuis plusieurs mois, le pays puise dans ses réserves de change pour financer ses importations et ses dépenses intérieures. Cette manne financière se tarit rapidement, obligeant les dirigeants à envisager des emprunts à l’étranger pour rebondir.

Or, l’accès à la dette extérieure est soumis à des conditions strictes, comme la fin des subventions massives de produits de consommation, garant de la paix sociale dans le pays d’Afrique du Nord. Pour retrouver l’équilibre budgétaire, sans recourir aux emprunts, l’Algérie a besoin d’un baril à 135 dollars. On en est encore loin aujourd’hui : le baril du Brent livrable en février coûte environ 75 dollars ce jeudi 16 décembre.

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Une instabilité dangereuse pour l’approvisionnement de l’Espagne

Les difficultés financières, politiques et diplomatiques de l’Algérie inquiètent sérieusement l’Espagne, qui dépend à 60 % du gaz algérien. La baisse de débit d’arrivée de gaz intervenue en début de mois était une alerte prise au sérieux par les consommateurs. Pour de nombreux observateurs, ce ralentissement a un lien avec l’arrêt du gazoduc Maghreb Europe en octobre.

Ce réseau en commun avec le Maroc acheminait une grande partie des 25,2 tep de gaz exporté par l’Algérie en 2019. Un autre indice suscite encore plus d’interrogations : la semaine dernière, Abdelmadjid Attar, ministre algérien de l’Énergie, a indiqué que son pays privilégiera le marché local à partir de 2025.

Côté espagnol, cette annonce sonne comme un avertissement à propos d’une possible limitation des capacités d’exportations de l’Algérie. Cette menace semble d’autant plus plausible, connaissant l’état du seul gazoduc algérien qui dessert l’Espagne.

Avec une capacité maximale de 8 milliards de mètres cubes, le gazoduc Medgaz atteint déjà ses limites. Or, ce canal offshore subit des pannes et des fuites sporadiques, susceptibles de porter un coup dur à l’approvisionnement en gaz de l’Espagne. Malgré ces problèmes, l’Algérie promet d’honorer ses engagements d’exportations vers l’Espagne.

 

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