Barrage Shweli 3 en Birmanie : EDF confirme l’arrêt du projet

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Répressions sanglantes des manifestants, arrestations ciblées, détentions arbitraires… la situation politique en Birmanie inquiète les observateurs du monde entier. Face aux multiples délits et violations des droits de l’Homme perpétrés par la junte militaire, le consortium international chargé de construire le barrage hydroélectrique Shweli 3 à Myanmar, dont fait partie le fournisseur d’énergie français EDF, a décidé d’interrompre le développement du projet.

EDF se retire du projet Shweli 3

ImportantDans un communiqué, l’énergéticien EDF condamne le non-respect des droits humains commis par la junte militaire en Birmanie et annonce par la même occasion son retrait du projet hydroélectrique Shweli 3. Cette décision entraîne également la suspension des activités des sous-traitants du projet.

En 2018, les autorités birmanes avaient confié à EDF le développement d’un projet de construction d’un barrage hydroélectrique dans le nord du pays. Selon les estimations, ce site devrait être capable de produire environ 671 mégawatts d’électricité par an. Le projet s’est heurté à plusieurs obstacles, dont les contestations des villageois et les conflits armés avec les groupes séparatistes.

Piloté par EDF, le projet a vu la contribution de partenaires locaux et japonais. Toujours en phase d’études préalables, il est loin d’être opérationnel. Aucun calendrier d’exécution n’est établi. De même, aucun contrat n’a été conclu jusqu’ici.

Dans un document remis à l’autorité des marchés financiers, l’énergéticien avait déjà exprimé sa vigilance vis-à-vis de l’évolution de la situation politique dans le pays. Le groupe français avait alors souligné que

Des changements de position par rapport aux projets actuellement en cours en Birmanie ne sont pas exclus.

EDF est le premier grand groupe français à suspendre ses projets au Myanmar.

Pression sur les entreprises étrangères

Le pétrolier et fournisseur de gaz Total, qui exploite des réserves de gaz sur le territoire maritime birman, s’est jusqu’ici contenté de faire part de ses préoccupations et d’appeler à une solution pacifique.

Le pétrolier figure notamment parmi les plus grands contributeurs financiers de la Birmanie. À titre d’illustration, entre 2015 et 2019, le groupe a versé, respectivement, 166,6 et 619,9 millions de dollars aux ministères des Finances et à la MOGE, une entreprise publique désormais administrée par l’armée.

Le regard des observateurs se tourne également vers le groupe hôtelier français Accor qui possède des filiales en Birmanie, ainsi que Idemia, ex-Safran Morpho, le spécialiste des systèmes d’identification biométrique. Les ONG opposants à la junte militaire les invitent, ainsi que les autres entreprises étrangères, à suivre l’exemple d’EDF.

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