La France s’accorde une décennie pour réduire de moitié le taux d’émission des systèmes de chauffage au bois

feu de bois

Après les émissions des voitures, la stratégie climatique de la France s’attaque aux systèmes de chauffage au bois répertoriés en tête de liste des installations domestiques les polluantes du pays. Ce qui explique son choix de mettre sur pied une stratégie visant à en limiter les dégâts en se fixant un délai assez court pour y parvenir.

Dernièrement, des études convergent pour pointer du doigt la part jouée par les systèmes de chauffage au bois utilisés par des millions de ménages dans la pollution de l’air et la détérioration de l’état de santé des Français. Non pas sans raison puisqu’en effectuant un comparatif gaz, les analystes ont découvert que ces installations émettent une quantité non négligeable de particules fines.

Force de ce constat, le pouvoir public estime que le moment est venu de rectifier le tir en faisant le nécessaire pour y arriver en s’accordant dix ans pour réduire de moitié le taux d’émission de ces équipements.

Des émissions élevées de particules fines

Dans le cadre de ses recherches, le Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique a concentré son regard sur les quelque 6,5 millions d’appareils de chauffage au bois répertoriés auprès des ménages.

Le choix permettant à l’organisme de découvrir qu’après la filière transport qui détient la première place en matière de pollution de l’air en tant que gros émetteur de gaz à effet de serre et d’oxyde d’azote, ces équipements occupent la plus haute marche du podium. Ce, pour la simple raison qu’ils émettent deux fois plus de particules fines que l’ensemble du parc automobile roulant en France. Au ministère de la Transition écologique de préciser :

Un feu de deux heures dans une vieille cheminée représente 2000 kilomètres parcourus par un vieux véhicule diesel.

De quoi inquiéter selon Santé Publique France ajoutant que :

C’est une pollution particulièrement impactante pour la santé humaine.

Dans les détails, cet organisme a démontré que ces particules fines sont responsables de nombreuses maladies à la source des quelque 40 000 décès enregistrés chaque année en faisant allusion à l’asthme, au cancer du poumon, aux maladies cardiovasculaires ou aux bronchopneumopathies.

Des mesures ont été adoptées

Vus sous ces angles, les chauffages au bois représentent une menace pour la santé et pour le climat. D’où la décision du gouvernement d’adopter des mesures pour en limiter l’effet en réduisant de moitié les émissions en précisant que :

Il n’est pas question de remettre en cause le recours à la ressource bois, mais seulement certaines pratiques d’utilisation.

En ce sens, la loi Climat et Résilience votée en juillet dernier par le Parlement est l’un des outils imaginés pour y parvenir. Celui qui prévoit le remplacement progressif de ces équipements par des modèles moins polluants en pensant aux poêles à bûches, à granulés ou encore à insert dans les foyers ouverts en ciblant dans un premier temps 600 000 vieux appareils qui seront remplacés d’ici 2025.

Sa stratégie, mettre à la disposition des ménages des dispositifs d’accompagnement à l’instar :

  • Des fonds Air Bois développés par les collectivités, qui peuvent être cumulées avec MaPrimeRenov' ;
  • L’aide à la rénovation énergétique des logements ;
  • Les certificats d’économies d’énergie.

Au ministère de l’Écologie d’ajouter :

Ces aides peuvent atteindre jusqu’à 90% du coût d’un nouvel équipement pour les ménages les plus modestes.

D’autres ingrédients complèteront la sauce selon l’exécutif pensant encourager les ménages à utiliser un combustible de qualité ou à rendre le ramonage obligatoire tous les ans en y ajoutant une campagne de sensibilisation qui devrait intervenir chaque hiver.

 

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