Flambée des prix du gaz naturel en Europe

symbole économie de gaz naturel

Les utilisateurs de gaz doivent se préparer à une facture plus conséquente cet hiver. Depuis le début de l’année, les cours ont enregistré une progression de 136 % en Europe. À la mi-août, le prix de référence du gaz européen a atteint un pic à Rotterdam, le mégawattheure ayant dépassé les 45 euros.

Les principaux facteurs de hausse des cours

L’envolée des cours est attribuée par les experts à quatre facteurs aux niveaux européen et mondial :

  • la demande importante pendant un hiver 2020 plus long que prévu,
  • l’arrêt de la production nucléaire française au début de la crise sanitaire,
  • la faiblesse de la production des énergies renouvelables à cause de conditions météo défavorables,
  • la baisse du nombre de cargos arrivant sur le continent asiatique, dont la consommation en gaz naturel liquéfié (GNL) est pourtant en nette augmentation.

Résultats, les fournisseurs de gaz ont été contraints de mobiliser leurs réserves souterraines pour alimenter les foyers, industries et centrales électriques. S&P Global Platts annonce un

Taux de remplissage des stocks en Europe à un seuil inédit de 59 %.

L’impact sur les consommateurs s’est déjà fait ressentir.

En France, les tarifs réglementés ont connu deux augmentations successives depuis le début de l’été : +10 % au 1er juillet et +5 % au 1er août.

Une production mondiale insuffisante

Et la situation n’est pas près de s’améliorer, la production mondiale ne suffisant pas à satisfaire la demande. Un analyste du cabinet d’études évoque

Le ralentissement provoqué par les arrêts techniques d’infrastructures décalés par la pandémie en mer du Nord en 2020.

Il soulève également

L’atteinte des capacités saisonnières maximales des unités d’exportation de GNL américaines et qataries.

D’après les experts,

Seule la Russie est en mesure de limiter la pénurie en Europe en renforçant l’approvisionnement.

Pour cela, Gazprom est le mieux positionné avec son pipeline Nord Stream 2, dont l’entrée en service est programmée pour l’automne. Il reste que ce gazoduc qui s’étend de la Russie à l’Allemagne ne fait pas l’unanimité. Thierry Bros, professeur à Sciences Po, explique que

Le groupe russe maintient ses flux d’exportation en l’état afin de démontrer l’utilité de son projet, mais pourrait revoir sa stratégie afin d’alléger la tension sur le marché.

Thierry Bros

Autre conséquence négative de la hausse du tarif du gaz, elle encourage la production de charbon, au mépris des questions environnementales. Les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Asie, où les usines tournent à plein régime, sont les principaux concernés par ce point.

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