La baisse annoncée de la facture l’électricité peut cacher une hausse à moyen terme
Écrit par La rédaction Meilleurtaux .
Mis à jour le
12 janvier 2026 .
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3 min
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- Publié le par Meilleurtaux Energie
À compter du 1er février 2026, les factures d’électricité vont légèrement reculer pour les Français. Cette diminution, liée à un ajustement fiscal ciblé, reste toutefois modeste. En outre, elle pourrait être rapidement compensée par une augmentation des prix de l’énergie sur les marchés avec la disparition de l’ARENH.
- La baisse annoncée des factures représente environ dix euros par an pour un foyer moyen.
- Cette diminution concerne uniquement la part fixe de l’abonnement, et non l’électricité consommée.
- La fin de l’ARENH expose davantage les ménages aux variations des tarifs sur le marché.
- Une remontée des prix de gros pourrait annuler, voire dépasser, le gain annoncé.
Une réduction limitée sur la part fixe de la facture
La mesure annoncée début janvier par Bercy prévoit une baisse du coût de l’abonnement à l’électricité à partir du 1er février prochain. En moyenne, l’économie attendue devrait avoisiner les dix à douze euros par an, soit moins d’un euro par mois.
Si l’intention est louable, ce montant reste dérisoire au regard du budget énergétique annuel d’un foyer. D’ailleurs, il porte uniquement sur la part fixe de la facture et non sur le volume d’électricité réellement consommé.
Afin de mieux comprendre le changement, il convient de rappeler que la facture mensuelle se compose de plusieurs éléments :
- le prix de l’énergie exprimé en euros par kilowattheure ;
- et un abonnement fixe qui inclut diverses taxes et contributions.
Après une hausse marquante de la TVA sur l’électricité, qui est passée de 5,5 % à 20 % à l’été 2025, l’Exécutif a choisi d’intervenir sur un autre prélèvement, moins connu du grand public.
ImportantLa contribution tarifaire d’acheminement (CTA), qui finance notamment certains régimes de retraite du secteur énergétique, va être réduite d’environ un quart. Étant donné que cette contribution pèse à peine 4 % du total, son impact reste mécaniquement limité.
Une exposition accrue des consommateurs aux fluctuations des prix de l’énergie
Les autorités mettent en avant un gain global de quelque 540 millions d’euros qui seront redistribués aux ménages sous forme de pouvoir d’achat. Cependant, cette communication masque une évolution structurelle majeure intervenue à la fin de l’année passée.
L’ARENH (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique), un dispositif qui permettait jusqu’alors aux fournisseurs de s’approvisionner à un prix encadré en électricité d’origine nucléaire, est arrivé à son terme le 31 décembre dernier. Ce mécanisme jouait un rôle d’amortisseur en période de tension sur les marchés, garantissant aux consommateurs des tarifs abordables.
Désormais, les Français sont plus directement soumis aux variations des prix de gros de l’électricité. Tant que ceux-ci restent bas, l’effet demeure contenu. En revanche, une hausse brutale, liée à un contexte géopolitique ou climatique défavorable, pourrait se traduire par une envolée des coûts pour les ménages.
Plusieurs observateurs ont déjà alerté sur les conséquences potentielles de la disparition du bouclier constitué par l’ARENH. Dans ce contexte, la baisse du prix de l’électricité attendue en février apparaît fragile et repose largement sur un équilibre de marché encore incertain.
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La rédaction Meilleurtaux