L’ASN accorde une dérogation environnementale à quatre centrales nucléaires

centrales thermiques

Les livraisons de gaz russe via Nord Stream 1 ont repris le jeudi 21 juillet, après 10 jours d’interruption « technique ». La situation énergétique en Europe reste critique malgré tout, notamment en France. Pour assurer la sécurité du réseau électrique, l’État autorise quatre centrales nucléaires à passer outre les règles environnementales jusqu’au 24 juillet.

Grâce à son immense parc nucléaire – le second le plus important au monde après celui des États-Unis –, la France a toujours targué de son efficacité énergétique et des prix compétitifs de son électricité. Seulement, cet atout historique est devenu le maillon faible du secteur énergétique de l’Hexagone. Les confinements successifs en 2020 et 2021 ont perturbé le calendrier des maintenances et des visites décennales des réacteurs nucléaires. Puis, la découverte de problèmes de corrosion oblige EDF à effectuer des contrôles supplémentaires. La faible disponibilité du nucléaire engendre une forte tension sur l’approvisionnement électrique du pays.

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Une dérogation environnementale sous conditions

Sur les 56 réacteurs nucléaires français, 29 sont actuellement à l’arrêt, pour des problèmes de corrosion ou des travaux de maintenance. En plus des déboires de l’atome, la filière hydroélectrique affronte des difficultés liées à la vague de chaleur qui frappe l’Europe. Les niveaux d’eau des barrages diminuent la production d’électron de 25 % selon la simulation EDF. Ce phénomène conduit à un réchauffement inhabituel de certains cours d’eau, pourtant essentiels au refroidissement des centrales nucléaires. L’Autorité de sûreté nucléaire estime donc qu’il est difficile de respecter les valeurs limites sur la température des rejets liquides dans les cours d’eau en question.

En conséquence, l’ASN a accordé une dérogation temporaire à quatre centrales nucléaires :

  • Saint-Alban (dans l’Isère) ;
  • Bugey (dans l’Ain) ;
  • Golfech (Tarn-et-Garonne) ;
  • Blayais (en Gironde).

Cette décision suit les recommandations du gestionnaire du réseau. RTE soutient que la dérogation est nécessaire pour assurer la sécurité du réseau électrique national. Les quatre centrales se trouvent en effet dans des points stratégiques, qui permettent de mieux répartir l’électricité et garantir la capacité de transit sur les lignes à haute tension.

Le gestionnaire assure que cette exemption temporaire n’est pas liée à l’utilisation massive de climatiseurs durant la canicule. La dérogation accordée par l’ASN fixe toutefois une limite. Les rejets liquides provenant des centrales nucléaires ne doivent pas provoquer un échauffement du cours d’eau supérieur à 3 °C.

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Une réponse d’urgence face à une situation exceptionnelle

Grâce à cette dérogation, les centrales de Saint-Alban, du Blayais, de Golfech et de Bugey continueront de fonctionner, en dépit des risques environnementaux afférents à leur système de refroidissement. Elles prélèvent de l’eau dans un fleuve ou dans la mer pour refroidir leurs cœurs.

L’eau issue du circuit de refroidissement est ensuite rejetée dans la nature, soit :

  • Directement ;
  • Après un passage dans des tours aéroréfrigérantes.

Dans les deux cas, les déversements provoquent une hausse de température allant de quelques dixièmes de degrés à plusieurs degrés, selon le type de circuit. Cet échauffement artificiel est « acceptable » selon l’ASN, en se basant sur des observations réalisées lors de précédents épisodes caniculaires.

L’Autorité promet de renforcer la surveillance des effets de ces rejets liquides sur l’écosystème aquatique des cours d’eau concernés. EDF, RTE, l’ASN et le gouvernement rappellent que cette dérogation s’applique seulement du 18 au 24 juillet.

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