Les prix records de l’électricité inquiètent sérieusement les industriels

centrale edf

En France, les fournisseurs alternatifs et les grands consommateurs d’électricité bénéficient d’un tarif d’achat compétitif grâce au mécanisme de l’Accès régulé à l’électricité nucléaire historique ou Arenh. Ce dispositif se révèle pourtant insuffisant pour contrer l’explosion des prix depuis cet été. Dos au mur, les industriels en appellent au bon sens du gouvernement.

Au 15 décembre, le MWh d’électricité s’échange à 365 euros sur les segments Intraday et Day by day de la bourse européenne de l’énergie. Jamais cette valeur n’a atteint un tel sommet, depuis la libéralisation du secteur de l’énergie en Europe.

Cette flambée historique des coûts de l’électricité est la suite logique de l’envolée des prix du gaz et du carbone, sur fonds de reprise économique post-Covid. Avec la crise actuelle, la question d’une réforme du système énergétique européen revient sur la table. Loin de ce débat politique, les industriels et les électro-intensifs exigent une réponse immédiate à l’explosion des prix de l’électricité.

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Une menace réelle pour des milliers d’emplois

L’inflation incontrôlée de l’énergie est une source de préoccupation majeure pour les consommateurs, surtout les industriels et les entreprises qualifiés d’électro-intensifs. Sur la base de leur estimation consommation électrique, ces gros consommateurs bénéficient d’un même traitement que les fournisseurs alternatifs. Ils peuvent s’approvisionner via le mécanisme de l’Arenh, sans pour autant dépasser la limite des 100 TWh alloués chaque année par EDF.

Ce même dispositif permet aux petits consommateurs, dont les ménages et les TPE/PME, d’avoir de l’électricité à bas coût et à prix fixe. Les petits professionnels et les particuliers sont donc épargnés par la flambée des prix de l’électricité, du moins, pour le moment. Le gouvernement a d’ores et déjà promis de limiter à 4 % l’augmentation des Tarifs réglementés de vente en 2022. Cette mesure coûtera jusqu’à 8 milliards d’euros à l’État.

Pour les gros consommateurs, les dispositifs de soutien de l’État ne font pas l’unanimité. Les industriels demandent surtout un relèvement du plafond de l’Arenh à 150 TWh, pour satisfaire pleinement leurs besoins en électricité. L’exécutif dit travailler sur le dossier, mais avertit en même temps d’un probable refus de la Commission européenne. Cette incertitude n’arrange guère les industriels, qui craignent l’impact de la crise énergétique sur des milliers d’emplois l’année prochaine. Contraints d’acheter de l’électricité à des prix vertigineux, ces grands consommateurs se heurteront à des difficultés de trésorerie qui les obligeraient à ralentir leur production, voire réduire leur effectif.

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Des signaux de détresse envoyés à l’État

Si la tendance actuelle se poursuit, plusieurs industriels devront fermer quelques-uns de leurs sites. Cet avertissement vient de Frank Roubanovitch, président de l’association CLEEE qui regroupe des compagnies industrielles et tertiaires classées comme grands consommateurs d’énergie.

M. Roubanovitch regrette que le prix de l’électricité soit beaucoup plus cher que chez les voisins européens, malgré le mécanisme de l’Arenh. Selon le président du CLEEE, la solution serait pourtant simple : l’exécutif n’aurait qu’à publier un décret ou un arrêté pour augmenter le plafond de l’Arenh. L’urgence de la situation justifierait ce geste qui relève du « bon sens ».

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