Le déficit capacitaire du nucléaire français perdurera cet hiver

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Aujourd’hui, plus de la moitié des réacteurs nucléaires français sont à l’arrêt, à cause d’opérations de maintenance et de problèmes de corrosion. EDF assure que la situation devrait s’améliorer dans les prochains mois, après le redémarrage de ces sites. Cela ne signifie pas que le parc nucléaire fonctionnera à plein régime.

La guerre en Ukraine affecte énormément les prix de l’énergie en France, les prix de vente de l’électricité étant indexés – du moins, indirectement – sur le prix du gaz naturel. Ce conflit n’est pas la seule externalité négative qui fait s’envoler le coût de l’électricité sur les marchés. Dans l’Hexagone, la faible disponibilité du parc nucléaire diminue la production d’électron et entraîne un déficit capacitaire préjudiciable pour EDF… et ses clients. Sous la pression du gouvernement, l’opérateur s’engage à redémarrer l’ensemble des réacteurs à l’arrêt d’ici février. Néanmoins, d’autres réacteurs pourraient subir un arrêt programmé durant cette même période.

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Les marchés peu rassurés par le planning d’EDF

Dans son dernier comparatif électricité, EDF s’attend à une production nucléaire située entre 280 et 300 térawattheures en 2022. La compagnie vise plus le bas de la fourchette, compte tenu des complications liées à ses centrales. Si cette prévision se réalise, il s’agirait du volume le plus faible produit par les 56 réacteurs qui constituent le complexe atomique français.

L’énergéticien met tout en œuvre pour éviter une telle déconvenue. Ses dirigeants promettent de remettre en service tous les réacteurs qui sont actuellement à l’arrêt d’ici février. 27 cœurs devraient redémarrer avant la fin de l’année. Les cinq restants se remettront en marche entre janvier et février. Ce calendrier, bien qu’ambitieux, convainc moyennement les marchés. Les analystes doutent surtout de la capacité d’EDF à tenir cette cadence, connaissant l’ampleur des tâches qui l’attendent. D’abord, pour résoudre les problèmes de corrosion, la compagnie doit coordonner des chantiers très techniques, dont le délai de réalisation reste inconnu. En plus de leur complexité, ces travaux se heurtent à des obstacles liés aux ressources humaines.

La réglementation sur le quota d’irradiation de chaque opérateur oblige EDF et ses partenaires à étaler les travaux de réparations des tuyauteries sur une période plus ou moins longue. Les arrêts de tranche sur ces sites pourraient s’étendre jusqu’à 25 semaines. À cause des incertitudes qui entourent le calendrier de l’électricien, la pression sur les marchés ne retombe pas. Le gouvernement français lui-même montre des signes de méfiance :

ImportantIl vient de négocier l’achat d’électrons en Allemagne en échange de livraisons de gaz naturel.

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D’autres arrêts de maintenance prévus cet hiver

Même si tous les réacteurs à l’arrêt se remettent à fonctionner cet hiver, les soucis de production d’EDF ne seront pas résolus pour autant. Sur les réacteurs qui sont actifs actuellement, quelques-uns subiront un arrêt programmé dans les prochains mois. Quatre réacteurs s’arrêteront avant décembre, pour recharger leur combustible ou pour des opérations de maintenance de routine.

Puis, début 2023, les visites décennales reprendront. Ces inspections commenceront sur le réacteur B2 de Saint-Laurent-des-Eaux dès janvier. Pour toutes ces raisons, EDF anticipe une capacité opérationnelle autour de 50 GW début 2023, sur un total de 61,4 GW. Sans le dire, la compagnie confirme qu’une dizaine de réacteurs seront à l’arrêt au cœur de l’hiver.

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