L'Allemagne réduit fortement son exposition aux produits fossiles russes

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Bien avant l'invasion de l'Ukraine par la Russie, l'Union européenne a étudié toutes les pistes susceptibles d'alléger sa dépendance vis-à-vis du gaz, du pétrole et du charbon russes. Cette recherche s'est accélérée après le début de la guerre. Les efforts européens semblent porter leur fruit, à en croire les récentes déclarations des responsables allemands.

L'année dernière, les 27 ont acheté auprès de la Russie 45 % de leur importation de gaz naturel. Le pays de Poutine a fourni 15 % des produits pétroliers et 30 % du pétrole brut de l'UE durant la même période. Quant au charbon, l'Europe verse 4 milliards d'euros par an à la Russie, d'où viennent 45 % de ses importations.

Cette situation de dépendance inquiète les dirigeants des 27 depuis longtemps, sans qu'ils aient réussi à trouver des alternatives viables. La guerre en Ukraine les oblige à agir rapidement, pour pouvoir contrer efficacement les initiatives belliqueuses du président russe.

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Une nette inversion de tendance dans le pétrole et le charbon

Selon l'estimation consommation électrique de l'UBA en 2021, 42 % de l'électricité produite en Allemagne proviennent de sources renouvelables. Le reste de la production est assuré par l'atome, par des centrales à gaz, au fioul et au charbon. Seul problème : une part non négligeable des ressources fossiles nécessaires à la production d'électricité – et aux autres besoins énergétiques du pays – sont importées de Russie.

Important Avec la guerre en Ukraine, le gouvernement allemand s'est empressé de réduire ses achats d'énergies fossiles en Russie et de diversifier ses sources d'approvisionnement.

Selon les affirmations du ministre de l'Économie et du Climat, le pays a relevé ce défi avec brio. Robert Habeck croit même que l’État allemand pourrait se passer complètement du charbon et du pétrole russe d'ici fin 2022.

Le ministre allemand se montre plus prudent concernant le gaz naturel. Malgré les garanties apportées par les États-Unis et les autres partenaires du pays (Japon, Algérie, etc.), l'Allemagne ne peut pas encore arrêter ses achats de gaz auprès de Russie. Les importations en provenance des Pays-Bas et de Norvège – revues à la hausse depuis fin février – demeurent insuffisantes pour combler un éventuel arrêt des livraisons russes. Si Moscou décide de fermer les vannes de son combustible bleu, l'industrie allemande en souffrira beaucoup et le pays pourrait entrer en récession. Ce dernier continue ainsi de qualifier le gaz russe de produit « indispensable » pour ses citoyens et pour son industrie.

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De gros efforts encore nécessaires pour gagner l'indépendance énergétique

Robert Habeck précise cependant que l'Allemagne a déjà commencé à diversifier ses approvisionnements en gaz depuis fin février.

Important La part du gaz russe dans ses importations tombe ainsi à 35 % au 30 avril, contre 55 % avant le début de la guerre.

Cette réduction rapide est la conséquence directe des achats en GNL auprès de grands producteurs tels que :

  • Les États-Unis ;
  • Le Qatar.

À moyen terme, le pays compte se doter de ses propres terminaux de regazéification. Le gouvernement fédéral a ainsi accéléré les projets d'installation de terminaux flottants, portés par les sociétés RWE et Uniper. L'Allemagne devrait rester dépendante du gaz russe au moins jusqu'en 2024, selon le ministre de l'Économie et du Climat. L’indépendance exigera d'énormes efforts aux consommateurs et aux opérateurs économiques.

Pour le charbon et le pétrole, le pays entend acquérir l'indépendance d'ici la fin de l'année.

En deux mois, les importations de pétrole russe par le pays sont passées de 35 % à 12 %. La dépendance au charbon, elle, est descendue à 8 %, contre 50 % avant la guerre.

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