La crise de l’énergie perturbe la production de zinc en France

ouvrier

Nyrstar, seul producteur de zinc en France, a évoqué dès novembre dernier la possibilité d’une interruption de son activité pendant deux mois, à cause de l’envolée des prix de l’électricité. Finalement, l’usine a pu poursuivre durant les premières semaines de janvier. Sa production n’en est pas moins perturbée.

La métallurgie figure parmi les activités les plus énergivores de l’industrie. Une seule usine de fabrication de zinc, comme celle de Nyrstar dans le Nord, consomme autant d’électricité que de grandes villes telles que Lille ou Lyon. De fait, son activité est fortement dépendante de l’évolution des prix de l’énergie.

Certes, ces entreprises bénéficient de l’Arenh, un mécanisme leur permettant d’acheter de l’électricité à des tarifs avantageux auprès d’EDF. Toutefois, les volumes alloués aux industriels via ce dispositif sont plafonnés et ne couvrent pas la totalité de leurs besoins en électricité. Ces entreprises électro-intensives doivent encore s’approvisionner sur les marchés de gros, où les prix atteignent des sommets dernièrement.

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Un zinc français moins compétitif à cause de l’énergie

L’Accès régulé à l’électricité nucléaire historique offre aux entreprises électro-intensives la possibilité d’acheter leur énergie au prix fixe de 42 euros le MWh. À ce niveau, le prix du kwh accordé aux industriels réduit fortement leurs factures énergétiques, un avantage non négligeable pour leur compétitivité.

Dans les faits, l’électricité disponible via l’Arenh est limitée à 100 TWh. Cela couvre à peine deux tiers des besoins des industriels français. Pour compléter leur approvisionnement, ils achètent sur les marchés intraday ou day-to-day, où le MWh se négocie à plus de 400 euros peu avant Noël, avec des pics avoisinant 600 euros. Dans ces conditions, les industriels perdent leur avantage compétitif face à leurs concurrents européens ou sud-américains. C’est le cas de l’usine de Nyrstar, à Auby. Le site achète une partie de son électricité sur les marchés de gros, tandis que ses concurrents au Brésil, au Canada, en Norvège et en Finlande utilisent du courant facturé entre 30 et 50 euros le MWh.

Sans surprise, les coûts de production du site s’envolent et pèsent sur la rentabilité même de l’activité. Si la hausse des coûts de l’électricité continue, Nyrstar envisage d’arrêter temporairement sa production et de réaffecter les 300 salariés de l’usine dans des activités de formation ou de maintenance. L’arrêt de son usine obligera la France à importer du zinc à forte empreinte carbone produit en Chine ou en Inde.

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Un manque de visibilité néfaste à l’activité industrielle

La crise de l’énergie n’affecte pas seulement l’usine de Nyrstar. Selon les chiffres de la CLEEE – une association qui défend les intérêts des grands consommateurs d’électricité –, l’envolée des tarifs de l’électricité pèse sur l’activité de 400 usines situées en France.

Toutes ces entreprises sont confrontées au même dilemme que Nyrstar : soit elles maintiennent leur production contre vents et marées, soit elles ferment boutique en attendant une amélioration de la situation énergétique. Dans les deux cas, elles perdent de l’argent.

Les dirigeants de Nyrstar ont décidé de planifier leur production au rythme de l’évolution des prix de l’électricité. L’entreprise achète des blocs sur le marché de gros pour une ou deux semaines, si les prix restent soutenables. L’usine n’a pas de visibilité claire au-delà de cette échéance. Ce mode de pilotage à vue est inédit pour ce site qui consomme 730 GWh par an et produit 170 000 tonnes de zinc.

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