La production d’électricité nucléaire d’EDF plonge en 2022

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L’électricité française fait partie des plus abordables et des moins polluantes au monde, grâce à l’apport majoritaire du nucléaire. La forte présence de l’atome dans le mix électrique national représente également un risque en cas de pannes ou de problèmes de sécurité dans les centrales. Or, ce scénario semble se réaliser en 2022.

En Europe, plusieurs pays, à savoir l’Allemagne, l’Autriche, la Suisse ou la Belgique, ont officialisé leur sortie du nucléaire. Ces nations multiplient les investissements dans les énergies renouvelables, telles que l’éolien et le solaire, et dans les énergies « de transition », comme les centrales à gaz nouvelle génération. La France, elle, continue de faire confiance à ses 56 réacteurs nucléaires fonctionnels et d’autres réacteurs plus modernes, en cours de construction.

Néanmoins, la stratégie française présente une faille : la faible disponibilité des réacteurs nucléaires français affecte lourdement la production électrique au niveau national. Cela a une incidence sur les prix et sur les finances d’EDF.

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Un approvisionnement sous tension tout au long de l’hiver

Longtemps exportatrice nette d’électricité, la France a été obligée d’acheter une partie substantielle de ses besoins, selon une estimation consommation électrique de décembre. Peu avant les fêtes de Noël, les importations d’électricité du pays atteignent un pic de 13 GW, soit l’équivalent de la production de dix réacteurs nucléaires.

Cette circonstance exceptionnelle était la conséquence directe de l’arrêt plus ou moins prolongé de 15 réacteurs nucléaires une bonne partie de décembre. Même si EDF a résolu une partie du problème – en limitant le nombre de réacteurs inactifs à 5 début janvier –, les observateurs restent inquiets. Selon eux, la faible disponibilité du parc nucléaire français pourrait se poursuivre jusqu’en 2023. Au-delà de la vieillesse des infrastructures, l’exploitant et ses partenaires industriels ont accumulé les retards dans le planning du « grand carénage », à cause des perturbations causées par l’épidémie.

La détection de problèmes de corrosion sur un réacteur de la centrale de Penly ne fait qu’exacerber les tensions sur le nucléaire français. Face à ces soucis d’ordre structurel, le gestionnaire du réseau s’attend à des tensions permanentes sur l’approvisionnement en électricité de la France pendant l’hiver. Le risque de délestage est bien réel, à cause des incertitudes qui entourent 20 % de la capacité de production nucléaire de l’Hexagone.

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Une corrosion néfaste pour la production d’EDF

Les craintes des analystes et de RTE sont on ne peut plus fondés. Elles s’appuient sur les informations concernant les problèmes de corrosion relevés sur le système de sécurité du réacteur n°1 de Civaux.

Important Afin d’évaluer la gravité du phénomène, l’Autorité de sureté nucléaire a ordonné l’arrêt du réacteur n°2 de Civaux, ainsi que les réacteurs 1 et 2 de la centrale de Chooz.

Ces quatre réacteurs de 1 400 MW chacun utilisent en effet le même modèle de fonctionnement. Après vérification des autres réacteurs, l’ASN a relevé le même dysfonctionnement sur le réacteur n°1 de la centrale de Penly.

Cette découverte est plus problématique : le réacteur de Penly est différent de ceux de Chooz et de Civaux. Pis, 20 autres réacteurs fonctionnent sur le même modèle que celui de Penly. L’Autorité de sureté nucléaire devra inspecter tous ces réacteurs, en se basant sur les résultats de leurs visites décennales. Tous ces facteurs combinés n’augurent rien de bon pour la production électrique nucléaire française en 2022. Réaliste, EDF modère ses ambitions et table sur une production annuelle située entre 300 et 330 TWh cette année, soit le plus faible niveau enregistré depuis 1992.

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