La France redevient un pays importateur net d’électricité en 2022

Panneau d'accueil et bâtiment principal de la centrale à charbon EDF de Cordemais près de Nantes, en Loire-Atlantique, par une journée d'été ensoleillée.

Grâce à la puissance et à la fiabilité de sa filière nucléaire, la France n’a jamais bouclé une année en étant importateur net d’électricité depuis plus de quatre décennies. On sait d’ores et déjà que l’Hexagone ne pourra pas réitérer cet exploit en 2022, à cause justement des défaillances de son parc nucléaire.

En bref
  • Aujourd’hui, le nucléaire ne fournit plus que 60 % des besoins en électricité de la France.
  • Afin de sécuriser son approvisionnement, le pays est contraint d’acheter de l’électricité carbonée.
  • Afin de compenser le faible taux de disponibilité de ses réacteurs, la France est obligée d’importer de l’électricité cette année, auprès de ses voisins.

La France, à travers EDF, exploite un parc de 56 réacteurs nucléaires, dont une quarantaine sont actuellement opérationnels. À l’échelle mondiale, la filière nucléaire française est la plus performante et la plus efficace par rapport au nombre de consommateurs qu’elle dessert.

En matière de puissance, l’atome français arrive en deuxième position, assez loin derrière les États-Unis et leurs 93 réacteurs fonctionnels. Avec une industrie atomique aussi puissante, la France est normalement capable de subvenir à tous ses besoins électriques. Cette année, le pays est obligé de s’approvisionner auprès de ses voisins pour compenser le faible taux de disponibilité de ses propres réacteurs.

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Une dépendance au nucléaire devenue handicapante

En temps normal, le nucléaire fournit un peu plus de 70 % des besoins en électricité de la France. Sur le comparatif électricité de 2022, cette contribution tombe à 60 % – et même bien en deçà quand plus de la moitié des réacteurs nucléaires étaient à l’arrêt.

L’électricité d’origine atomique constitue depuis longtemps un atout majeur du système énergétique français. Certes, cette énergie nécessite d’énormes investissements et exige des normes sécuritaires et sanitaires strictes. Le nucléaire se démarque toutefois par sa fiabilité, son efficacité et son coût des plus abordables. Les centrales thermiques offrent aussi les mêmes avantages, en plus d’être faciles à mobiliser. En cas de pics de consommation, les opérateurs peuvent facilement augmenter la production d’électricité à partir du charbon et du gaz naturel.

L’Allemagne s’appuie sur ces qualités actuellement pour satisfaire les besoins de la France. Cette inversion des rôles peut surprendre, connaissant les capacités du parc nucléaire français. Pourtant, le nucléaire est bien à l’origine du déficit de production d’électricité dans l’Hexagone cette année. Les travaux de grand carénage ont provoqué l’arrêt de quelques réacteurs. Puis, la découverte de problèmes de corrosion et la reprise des chantiers de maintenance ont aggravé les tensions sur le réseau. La situation devient critique en septembre quand 32 réacteurs – sur 56 – étaient à l’arrêt vers la fin du mois d’août. Le faible taux de disponibilité des réacteurs oblige le gestionnaire à importer d’importants volumes d’électricité.

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Des achats d’électricité incompatibles avec les efforts de décarbonation

Placée au pied d’un mur, la France est obligée d’acheter de l’électricité fortement carbonée pour sécuriser son approvisionnement. En effet,

Important L’Allemagne produit 40 % de son électricité à partir du charbon, sans oublier les 20 % issus du gaz naturel.

Le même dilemme se pose avec l’électricité fournie par le Royaume-Uni. Dans les deux cas, les opérateurs français n’ont pas le choix, tant le fossé à combler est énorme.

Entre janvier et décembre, le solde des exportations et des importations d’électricité entre la France et ses partenaires européens est largement négatif.

Important Au total, l’Hexagone est importateur net d’électricité à hauteur de 14,5 térawattheures.

Au cours des dix années précédentes, le solde des ventes et des achats d’électricité de la France a toujours été largement bénéficiaire, entre 40 et 60 TWh sur douze mois. La « crise » du nucléaire de 2022 est bel et bien inédite.

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