EDF augmente le rythme de redémarrage des réacteurs à l’arrêt
Écrit par La rédaction Meilleurtaux .
Mis à jour le
7 décembre 2022 .
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- Publié le par Meilleurtaux Energie

Réputé pour sa fiabilité, le parc nucléaire français a montré ses limites au pire des moments. Le taux de disponibilité des réacteurs chute à un plus bas historique cette année, alors que les besoins sont particulièrement élevés. Pour réparer cette anomalie, EDF promet de relancer le maximum de réacteurs à l’arrêt avant la fin de l’hiver.
- Depuis septembre, un certain nombre de réacteurs sont à l’arrêt en raison de problèmes de corrosion.
- La filière nucléaire est en cours de récupération et EDF compte relancer encore plus de réacteurs à l’arrêt avant la fin de cet hiver.
- À la demande du gouvernement, les énergéticiens font également le nécessaire pour sécuriser l’approvisionnement en gaz pendant l’hiver.
Début septembre, 32 réacteurs, soit plus de la moitié du parc nucléaire, étaient à l’arrêt pour cause de maintenance ou de réparations après la découverte de problèmes de corrosion dans les tuyaux de refroidissement secondaire. Ces défaillances ont causé d’énormes problèmes à EDF, qui a dû acheter de grandes quantités d’électrons sur le marché de gros pour compenser.
Dans les faits, les déboires de l’atome sont en grande partie responsables de l’envolée des prix de l’électricité ces derniers mois. EDF n’ignore pas ce lien causal et fait tout son possible pour minimiser les dégâts.
Des réserves de gaz suffisantes et un remplissage presque normal des barrages
Anticipant les effets négatifs de la guerre en Ukraine, le gouvernement a demandé aux énergéticiens de prendre toutes les mesures nécessaires pour sécuriser l’approvisionnement en énergie cet hiver. Tous les opérateurs représentés dans un comparateur énergie ont suivi ses instructions. Chez Engie et les autres groupes gaziers, on se félicite d’une reconstitution rapide des stocks de gaz, malgré les prix moyens élevés sur les marchés de gros.
Au 1er décembre, les réserves souterraines sont déjà remplies à 100 % depuis plus d’un mois en France. La diversification des sources d’approvisionnement et les importations massives de GNL ont porté leur fruit. Cependant, Engie joue la prudence et envisage de limiter l’utilisation des stocks cette année, en prévision de l’hiver 2023-2024 qui s’annonce pénible sur le plan des achats de gaz.
Les opérateurs des centrales hydroélectriques ont aussi reçu le message du gouvernement. À l’échelle nationale, le taux de remplissage des barrages atteint 68 % fin novembre . Cette marque est à peine 1,6 point inférieure aux moyennes historiques. Les centrales des Alpes du Nord s’en sortent le mieux, avec un taux de remplissage à 84 % - soit une avance de 12,6 points par rapport à une saison normale.
Dans les Pyrénées et les Alpes du Sud, le taux de remplissage se situe autour de 60 %. La situation est sensiblement identique pour les réserves des barrages du Massif Central, dont l’emplissage a été fortement ralenti par la sécheresse exceptionnelle de l’été dernier.
Une filière nucléaire en pleine récupération
Les bonnes nouvelles du côté de l’hydraulique et du gaz redonnent espoir aux gestionnaires du réseau, d’autant plus que la relance du parc nucléaire reprend sur de bonnes bases. Après plusieurs semaines de retards, le redémarrage des réacteurs mis à l’arrêt s’accélère. Début novembre, 20 réacteurs étaient encore inactifs à la suite de retards causés par des mouvements de grève et le traitement des problèmes de corrosion sous contrainte.
ImportantDurant la dernière semaine de novembre, EDF ne compte plus que 20 réacteurs immobilisés.
L’électricien prévoit en outre d’en relancer pas moins de 10 au mois de décembre. Le reste des sites – principalement ceux affectés par les soucis de corrosion – reprendront du service durant les deux premiers mois de 2023.
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La rédaction Meilleurtaux