Les prix élevés de l’énergie ralentissent encore plus l’industrie des métaux

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Depuis l’automne dernier, la métallurgie européenne s’est fortement comprimée, à cause de l’envolée des prix du gaz et de l’électricité. Après une brève éclaircie, la filière réduit à nouveau la voilure. Aux Pays-Bas, en Allemagne et en Slovaquie, les fermetures d’usine s’enchaînent. La baisse de production n’affecte pas les prix, du moins pour le moment.

La sidérurgie et la métallurgie sont deux des filières les plus énergivores de l’industrie. En France, ces secteurs consomment 24 % de l’électricité industrielle. Seuls les fabricants de produits chimiques et de plastiques brûlent plus d’énergie que la métallurgie.

Pour cette raison, les fonderies d’aluminium, d’acier et de cuivre souffrent énormément de l’explosion des prix de l’énergie depuis moins d’un an. La perspective d’une récession et d’une faible demande assombrit un peu plus l’avenir à court terme de cette activité. Le ralentissement de la production diminue ainsi les stocks disponibles. Certains analystes parient déjà sur un rebond des prix à moyen terme.

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Des producteurs étouffés par la flambée des prix de l’énergie

Le ralentissement de la production de métaux en Europe aura des conséquences sur le marché des matières premières dans les prochains mois. Les usines européennes assurent en effet une part non négligeable de l’offre de cuivre et de zinc dans le monde, selon un comparateur énergie. À elle seule, l’usine Nyrstar aux Pays-Bas couvre 2 % de l’offre mondiale. La mise en maintenance de ce site réduira encore plus la production européenne et créera des tensions sur les prix. Selon les analystes de Citi, la tonne de zinc devrait ainsi remonter à 3 800 dollars d’ici novembre, soit 600 dollars de plus que leur précédent objectif.

Cette crise de l’énergie ne se limite pas aux industriels européens. En Chine, la province du Sichuan connaît ces dernières semaines une vague de chaleur sans précédent, à l’origine de l’assèchement du fleuve Yangtsé. Or, le cours d’eau joue un rôle majeur dans la production d’hydroélectricité de cet important centre de production d’aluminium. Les autorités de la province ont donc décidé de rationner l’électricité et de limiter les volumes attribués aux industriels. La production d’aluminium de la Chine s’en trouve diminuée, alors que les stocks mondiaux de ce métal essentiel continuent de s’amenuiser. Là aussi, les écarts entre l’offre et la demande pourraient gonfler les prix. Pourtant, les marchés ne le voient pas de cet œil.

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Un risque d’inflation pondéré par une faible demande

Important En Europe, les annonces de fermeture ou de réduction capacitaire des usines font la une des journaux, avec le retour des prix élevés du gaz. Aux Pays-Bas, l’usine de zinc Nyrstar sera mise en maintenance à partir du 1er septembre.

En Slovaquie, la fonderie d’aluminium Slovalco – détenue par le groupe Norsk Hydro – cessera aussi son activité. Les dirigeants de l’entreprise estiment que les prix exorbitants de l’énergie ne seront pas résolus à court terme. Dans ces circonstances, ils ont décidé de limiter les dégâts et de fermer le site, après avoir réduit sa capacité depuis l’automne.

Solvalco fonctionne à 60 % de ses capacités depuis quelques mois. Sa mise à l’arrêt va lui rapporter 165 millions de dollars, grâce à la cession de ses positions de couverture sur le marché des matières premières et de l’électricité. Malgré ces arrêts successifs, les prix du zinc et de l’aluminium continuent de baisser. Le 19 août, l’aluminium livrable en trois mois s’est négocié à 2 403 dollars/tonne au London Market Exchange, soit 30 dollars de moins en une semaine. Pour les analystes, ce flottement sur les marchés s’explique par la crainte d’une récession globale et d’une demande mondiale affaiblie.

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