L’énergie creuse encore le déficit commercial au premier semestre

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Largement dépendante des importations pour son secteur énergétique, la France subit l’envolée des prix du gaz et du pétrole depuis le début de l’année. En plus de l’explosion des prix à la consommation, le déficit commercial de la France sur les biens atteint un sommet inédit au premier semestre.

Les économistes l’avaient prédit en début d’année : les prix élevés du gaz et du pétrole pèseront lourd sur la balance commerciale des pays importateurs d’énergie. La France étant classée dans cette catégorie, les prévisions des experts se sont réalisées.

Dans son rapport semestriel, la Banque de France annonce un déficit commercial record sur les biens entre janvier et juin. La situation ne risque pas de s’améliorer de sitôt, vu l’enlisement de la guerre en Ukraine, les inquiétudes naissantes avec la variole du singe et les tensions autour de Taiwan. La hausse des exportations, surtout dans le secteur de service, a un effet limité sur ce déficit.

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Une balance commerciale plombée par l’énergie

En 2019, la France a dépensé 45,5 milliards d’euros en achats de pétrole, charbon, gaz et autres produits raffinés, selon un comparateur énergie de l’Ademe. Trois ans après, la situation n’a pas vraiment changé, même si le pays a énormément investi dans les énergies renouvelables. L’Hexagone importe toujours la quasi-totalité de ses besoins en hydrocarbures. Cette configuration alourdit significativement son déficit commercial, surtout en période d’inflation pétrolière.

Sans la dynamique positive des exportations de services, la balance commerciale globale aurait pu être catastrophique. Mais l’activité de services française continue sa progression. Au premier semestre 2022, cette filière enregistre un excédent de 34 milliards d’euros, soit 11 milliards de plus par rapport à l’année précédente. Au total, les exportations françaises s’élèvent à 285 milliards d’euros entre janvier et juin, soit une progression en rythme annuel de 13 %. La croissance la plus forte revient aux produits textiles (+24 %).

Les produits agroalimentaires et agricoles suivent à peu près la même tendance, avec une augmentation de 24 %. Les cosmétiques, parfums et produits chimiques/pharmaceutiques complètent le podium (+22 %). Malgré la croissance observée dans ces secteurs, la balance commerciale française reste déficitaire au premier semestre, la faute à une facture énergétique qui a gonflé en raison de :

  • L’envolée des prix ;
  • La dépréciation de l’euro face au dollar.

À cause du pétrole, du gaz et des produits raffinés, le déficit pourrait dépasser 100 milliards d’euros cette année. Sur la période courant entre juin 2021 et juin 2022, la balance commerciale affiche déjà un solde négatif de 121,9 milliards d’euros.

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Un déficit sur les biens record au premier semestre

Selon les données de la Banque de France, la dégradation de la balance commerciale s’est accélérée au premier semestre. Le coût des importations a grimpé de 26 % par rapport à 2019, pour atteindre 356 milliards d’euros.

Une grande partie de cette inflation incombe au secteur énergétique : les achats français dans cette filière sont passés de 27 milliards d’euros avant la crise du Covid à 48 milliards d’euros au 1er semestre. La conséquence sur la balance commerciale des biens est immédiate : le solde des importations et des exportations se creuse à 71 milliards d’euros, dont -13,3 milliards d’euros sur le seul mois de juin. Bien entendu, ces chiffres constituent un nouveau record, selon le ministre du Commerce extérieur.

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