Ce qui change avec l’interdiction des publicités pour les hydrocarbures

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Même en pleine crise de l’énergie, l’Europe maintient son objectif consistant à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. En France, les messages promotionnels en faveur des énergies fossiles sont bannis de tous les médias depuis le 22 août. Cette interdiction s’applique aux énergéticiens et à toutes les filières dépendant des hydrocarbures.

Les publicités à la télévision ou sur Internet influencent-elles vraiment les décisions des consommateurs ? La question ne se pose même pas : les marques ont compris depuis longtemps l’impact des messages publicitaires sur le sentiment d’appartenance et la perception de leurs besoins par les spectateurs.

Ces promotions suscitent le désir d’achat, lorsqu’elles sont intelligibles et originales. Sans surprise, les géants pétroliers dépensent beaucoup d’argent en lobbying et en publicité, pour défendre leurs activités. À la demande de plusieurs organisations de défense de l’environnement, la France a décidé d’interdire la promotion des énergies fossiles. Cette mesure est inscrite dans la loi Climat et Résilience.

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Une interdiction stricte et quelques exemptions temporaires

Depuis le lundi 22 août, les publicités vantant les mérites du pétrole, de l’essence, de l’hydrogène carboné et de tout autre combustible considéré comme fossile sur un comparatif énergie sont interdites en France. Cette nouvelle règle fait partie des recommandations de la Convention citoyenne pour le climat. Ce collectif avait notamment réclamé une mesure encore plus forte, consistant à bannir des médias tous les messages publicitaires pour tous les produits ayant un impact défavorable sur l’environnement.

Le gouvernement s’est montré plus modéré dans la loi Climat et Résilience. Dans les faits, cette interdiction ne concerne pas encore toutes les publicités impliquant les hydrocarbures. Par exemple, les messages promotionnels sur la neutralité carbone d’un produit continuent d’être affichés jusqu’au début de l’année 2023. Cette pratique est pourtant assimilée à du « greenwashing », puisque le bilan carbone neutre de ces produits repose uniquement sur une logique de compensation.

ImportantLes opérations marketing et les publicités financières dans le cadre d’un mécénat, d’une communication institutionnelle ou d’un parrainage bénéficient aussi d’une exemption.

De même, la promotion des produits de placements incluant des énergies fossiles échappe à cette interdiction. Pour le reste, les médias ne pourront plus promouvoir directement les supercarburants et l’hydrogène carboné, ainsi que le charbon minier et les autres produits pétroliers.

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Un délai supplémentaire accordé au gaz fossile

Notons que les énergéticiens devront ainsi se réinventer pour défendre leur production d’électricité à base de fioul ou de charbon. En revanche, le secteur automobile obtient un sursis : les messages publicitaires au profit de voitures thermiques ne seront interdits qu’à partir de 2028. Et encore, ce filtre s’appliquera uniquement aux modèles qui émettent plus de 123 g/km de CO2.

En outre, la loi Climat et Résilience précise que l’interdiction de publicité englobe tous les produits pétroliers et les carburants contenant moins de 50 % d’énergies renouvelables. Les carburants d’origine végétale sont donc épargnés. De même, le gaz fossile bénéficie d’un délai supplémentaire, compte tenu de son statut d’énergie de transition.

Il convient de savoir également que les énergéticiens ne pourront plus promouvoir le gaz naturel après le 30 juin 2023. Cet ajournement devrait permettre aux fournisseurs alternatifs de sortir de l’ombre d’Engie et de mettre en avant leurs contrats, avant la fin des TRV gaz prévue au 1er juillet 2023.

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